Vatican: pas de fumée sans feu.


Dans l’article « Des problèmes dans l’Eglise » j’avais abordé le sujet délicat pour l’Eglise catholique du rapport de certains de ses ministres avec la sexualité. Force est de constater en lisant ces trois informations recoupées qu’il semble bien y avoir un problème spécifique sur cette question du fait d’une politique interne « discutable » par rapport notamment au célibat institué par la hiérarchie vaticane. La fumée serait-elle plus proche d’un feu ?

On se réjouira d’une réaction plutôt saine d’une réflexion de la hiérarchie (même tardive) mais le débat de fond va t-il être abordé pour rassurer les citoyens de toutes nations qui confient leurs enfants à cette éducation dont l’essence spirituelle serait de ne pas être entachée de perversité ?

Le Vatican concocte un manuel anti-pédophilie à l’usage de ses évêques

Les évêques du monde entier devraient bientôt recevoir du Vatican des directives pour lutter de façon « coordonnée » et « efficace » contre la pédophilie au sein du clergé.

AFP – Le Vatican prépare « une circulaire » aux évêques du monde entier avec des directives pour « un programme coordonné et efficace » contre la pédophilie au sein du clergé, a annoncé le Saint-Siège vendredi à l’issue d’une réunion de l’ensemble des cardinaux.

Au cours d’une journée de « prière et de réflexion » à la veille du consistoire, le cardinal William Levada a fait devant ses pairs le « point sur la législation canonique concernant le délit d’abus sexuel sur des mineurs », a résumé le Vatican dans un communiqué.

Le cardinal Levada a indiqué qu’ »une lettre circulaire serait envoyée par la Congrégation aux conférences épiscopales (ndlr, l’ensemble des évêques), comportant des directives pour un programme coordonné et efficace » contre la pédophilie, précise le texte.

Le cardinal Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (« ministère » chargé de ces questions), a évoqué « l’exemple » du pape sur « l’écoute et l’accueil des victimes », et « a parlé de collaboration avec les autorités civiles » et « de l’attention qui doit être portée dans la sélection et la formation des futurs prêtres et religieux ».

Au cours de la discussion qui a suivi cette présentation, « il a été suggéré d’encourager les conférences épiscopales à développer des plans efficaces, articulés, complets de protection des mineurs », « y compris dans les pays où le problème ne s’est pas manifesté de façon dramatique comme dans d’autres ».

Depuis la révélation il y a un an de centaines d’abus pédophiles commis en Irlande, des scandales similaires ont éclaté aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d’Europe, dont l’Allemagne, pays natal du pape.

Interrogés sur la teneur des travaux des cardinaux, qui se sont déroulés à huis clos, le cardinal français André Vingt-Trois avait annoncé en début de soirée que certains d’entre eux avaient suggéré « d’aller voir ce qui se passe » hors des pays occidentaux.

http://www.france24.com/fr/20101119-saint-siege-envoie-directives-anti-pedophilie-eveques-vatican-clerge

Vatican : La pédophilie au menu d’une réunion de 150 cardinaux 
Les cardinaux du monde entier se sont retrouvés vendredi 19 novembre 2010 autour du pape Benoît XVI afin d’évoquer pour la première fois, la ‘réponse de l’Eglise’ face à la pédophilie dans le clergé. Une réunion de réflexion et de prières à laquelle participaient 150 cardinaux.

C’est l’ampleur du problème, c’est-à-dire le nombre de prêtres pédophiles au sein de l’église, qui a contraint le Vatican à s’emparer de cette question. Les crimes remontent parfois aux années cinquante. Le scandale a d’abord éclaté aux Etats-unis, dans les années quatre-vingt-dix, puis au Canada et en Irlande.

Aux Etats-unis, 4 400 prêtres ont fait plus de 11 mille victimes en 1950 et 2002. En Irlande, on recense plus de 15 mille victimes de prêtres pédophiles. Dans ce pays très catholique, l’éducation était presque exclusivement entre les mains de l’église qui avait un rôle tellement important dans la société que ‘la pédophilie des prêtres’ était tout simplement impensable. Les affaires étaient systématiquement étouffées et les prêtres pédophiles simplement déplacés d’une institution ou d’une église à une autre.

C’est bien ce qui est reproché au Vatican, plus que sa passivité face au problème, une volonté de cacher les crimes pour préserver la réputation de l’institution toute entière. D’autre part, des évêques ou des congrégations comme les Légionnaires du Christ ont été impliqués et le Vatican n’a pas traité ces affaires comme elles le méritaient. Il faut pourtant reconnaître des positions courageuses prises notamment par le cardinal Ratzinger dès les débuts des années quatre-vingt-dix.

Mais il n’a pas été suivi par la curie romaine. C’est-à-dire par l’administration papale. Il faudra attendre dix ans pour qu’une lettre du pape Jean Paul II, adressée aux évêques, parle de ‘délit grave’. Elle va marquer un tournant. L’époque du déni est terminée et sous la houlette de Benoit XVI, ex-cardinal Ratzinger, l’Eglise va commencer à coopérer avec la justice.

Qu’est ce que les victimes des prêtres pédophiles peuvent attendre de ce consistoire ?

Des victimes ont manifesté justement, vendredi 19 novembre 2010, à Rome, à l’occasion de la réunion des évêques. Elles estiment qu’il ne suffit pas de dénoncer et que le Vatican n’a pas pris assez de mesures pour protéger les enfants. Elles réclament plus de coopération avec la justice et notamment que les évêques remettent à la police et aux tribunaux les dossiers personnels de religieux accusés de mauvais traitements sur des enfants. Ce qui est déjà le cas par exemple à Dublin, en Irlande, mais cela provoque un débat au sein de l’église.

En réalité, une fois le voile levé sur ces scandales, l’Eglise n’a pas vraiment d’autre choix que d’aller jusqu’au bout, et c’est douloureux. Il y a une culture du pardon au sein de l’Eglise et les pédophiles sont souvent des hommes âgés, mais elle est désormais obligée se pencher sur le sort des victimes qui a été si longtemps nié. La seule chose qui était vraiment claire, c’est qu’il fallait protéger l’Eglise, les victimes si longtemps oubliées étaient priées comme les prêtres de se taire pour ne pas faire de tort à l’Eglise. En 2010, le Pape Benoît XVI a remis les choses en place en déclarant que la plus grande persécution de l’Eglise ne venait pas d’ennemis extérieurs mais naissait du péché de l’Eglise.

Alors que peut-on finalement espérer aujourd’hui du Vatican ?

En réalité peu de chose. Le Vatican tente de rassurer et de rassembler des fidèles déboussolés par ces affreux scandales. Le Vatican dénonce aujourd’hui les crimes qui ont été commis et prône la transparence et la coopération avec la justice à l’échelle locale mais il refuse de répondre directement devant les tribunaux. Pour de nombreuses victimes des prêtres pédophiles, c’est intolérable, car pour eux, ce ne sont pas seulement des hommes, mais des prêtres qui ont failli, et avec eux toute l’institution. Pour le Vatican, reconnaître sa responsabilité devant les tribunaux, cela voudrait dire indemniser les victimes. Un pas que même Benoit XVI, jusqu’à maintenant, ne semble pas prêt à franchir.

Source: Rfi.fr

Le Vatican prépare des directives anti-pédophilie pour tous les évêques

De Michèle LERIDON (AFP)

CITE DU VATICAN — Le Vatican prépare une lettre pour les évêques du monde entier contenant des directives contre la pédophilie dans le clergé, a annoncé vendredi le Saint-Siège après une réunion de cardinaux qui a déjà suscité la vive « déception » d’une association de victimes.

L’ensemble des cardinaux de la planète avaient été conviés par le pape Benoît XVI à une « réunion de prière et de réflexion » sur plusieurs thèmes, dont, pour pour la première fois, celui des abus sexuels commis par des religieux.

A l’issue de cette rencontre, le Vatican a indiqué qu’il préparait « circulaire » aux évêques du monde entier avec des directives pour « un programme coordonné et efficace » contre la pédophilie dans le clergé.

En exposant le sujet devant ses pairs, le cardinal William Levada a pris l’exemple du pape pour « l’écoute et l’accueil des victimes » et mis l’accent sur « la collaboration avec les autorités civiles » et « l’attention dans la sélection et la formation des futurs prêtres et religieux ».

Au cours des débats, des cardinaux ont suggéré d’ »aller voir ce qui se passait » dans les pays du Sud, selon les termes du cardinal français Jean Vingt-Trois, alors que les scandales révélés ces douze derniers mois ont éclaté en Europe et aux Etats-Unis.

« Malheureusement, nous sommes toujours dans l’attente (de nouvelles mesures) et les enfants sont encore vulnérables », a aussitôt réagi l’Association américaine de victimes SNAP.

« Nous n’avions pas beaucoup d’espoir sur cette rencontre car ces hommes d’église sont les mêmes qui ont ignoré et caché, et continuent d’ignorer et cacher, les crimes horribles contre les enfants », a ajouté l’association, qui espérait toutefois que « la hiérarchie catholique relève le défi » et « prenne de véritables mesures », comme la remise à la justice de tous les prêtres coupables.

Dans la journée, une poignée de victimes avaient protesté devant la presse place Navone à Rome en brandissant leurs photos d’enfance. « J’ai été ravagée sur le plan psychologique, je suis hantée chaque jour par ce qui s’est passé », a raconté à l’AFP Lucy Duckworth, une Britannique qui avait tout juste cinq ans lorsqu’elle a subi pour la première fois les sévices d’un prêtre.

Un peu plus tôt dans la presse, le cardinal mexicain très conservateur Javier Lozano Barragan, interrogé sur ces abus avait lancé : « Je suis fatigué qu’on en parle, j’en ai par dessus la tête… C’est une vraie tempête médiatique ».

Au cours de cette réunion à laquelle participaient quelque 150 cardinaux, parmi lesquels les 24 nouveaux qui ne recevront leur « barrette » (toque) pourpre que samedi, le thème de la liberté religieuse a occupé une large place.

Un thème d’une brûlante actualité après le massacre de 44 fidèles et de deux prêtres, commis en pleine messe le 31 octobre dans la cathédrale syriaque catholique de Bagdad par un commando d’Al-Qaïda qui a décrété les chrétiens « cibles légitimes ».

La condamnation à mort pour « blasphème » d’une chrétienne pakistanaise, Asia Bibi, suscite de même l’inquiétude du pape qui, de façon inhabituelle, a réclamé cette semaine sa libération pure et simple.

Mais vendredi Benoît XVI s’est plutôt attaché à dénoncer une nouvelle fois la laïcisation accélérée des sociétés occidentales qui risque de « détruire la liberté religieuse en se proposant comme une vraie +dictature+ ». Et le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, s’est même inquiété d’une montée de la « christianophobie » dans le monde, selon l’un des participants.

Les « princes de l’Eglise », qui ont déjeuné avec le pape, ont abordé d’autres thèmes, comme la conversion des anglicans au catholicisme.

Samedi, au cours d’un consistoire, le pape consacrera 24 nouveaux cardinaux, dont 20 électeurs au sein du collège appelé à désigner un jour son successeur.

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Un commentaire pour Vatican: pas de fumée sans feu.

  1. jlbaque dit :

    Que des religions rencontrent des problèmes dans leur développement social ne doit pas nous surprendre, dès qu’une superposition du spirituel sur le temporel s’exerce, des dérives théologiques apparaîssent. Les questions d’interprétations historiques des textes ne font que souligner la complexité des écrits d’origine ou considérés comme tels. La confiscation de la vérité au profit d’une interprétation unique est un leurre, la vérité est complexe et multiforme. Si je regarde une montagne d’un point de vue, je la décrirai très différemment d’une personne qui la voit d’un autre point de vue, ceoendant je ne pourrai nier la réalité de l’existence de cette montagne. Toute croyance est respectable car elle donne une évaluation de la quête spirituelle d’une personne, là où elle en est. Tout mépris d’une croyance de quelqu’un est un acte de mépris envers la liberté de l’homme à croire ou pas…en dénonçant « l’autre » mon doigt montre quelquechose mais les quatre autres doigts repliés de ma main me montre moi dans ma prétention d’accusateur ou de « substitut de Dieu.
    Celui qui est fort doit accompagner les faibles mais ne point les juger car la sagesse du jugement ne nous appartient pas. Beaucoup de croyants de différentes religions se trompent parce qu’ils se prennent pour Dieu. L’humilité précède la Gloire, le début de l’orgueil est de l’ignorer. Ceux qui se fient à leurs enseignements plus qu’aux relations aimantes qu’ils peuvent tisser avec leurs prochains finissent par s’éloigner de leur propre humanité et par tomber dans des sectarismes que j’ai tenté d’éclairer dans mon article « Comprendre l’esprit sectaire pour mieux s’en libérer ». Je vous engage à méditer cet article avant de poursuivre le dialogue avec moi.

    Merci pour votre contribution
    JL Baqué

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