Provoquer la chance pour 2011 et la suite de notre vie.


Inscrire son destin dans un certain bonheur, qui n’en rêve pas? Se reposer pour jouir d’un travail mené à son terme et en tirer une satisfaction légitime, comment ne pas y penser? Nous sommes souvent jaloux du bonheur des autres, de l’herbe plus verte du pré d’ à côté. Mais entre le rêve et la réalité, l’écart semble parfois tellement large qu’il semble nous pousser vers une certaine désespérance et certains états morbides ou dépressifs en tout cas bien noirs…

Philippe GABILLET nous propose une approche pragmatique et réaliste du phénomène de la « Chance ». A l’opposé des tenants de l’irrationnel et du hasard, il propose d’approcher cette notion par le biais de la construction de l’opportunité dans un milieu, des rencontres et des réponses à des demandes plus ou moins favorables. Il n’occulte pas la malchance mais tente de bien cerner la responsabilité de l’individu dans ses choix.

Au final, ses réflexions m’ont conduit à formuler quelques pistes et remarques complémentaires que vous lirez après avoir écouter, éventuellement plusieurs fois, sa vidéo.

Bravo d’abord à Philippe GABILLET de se lancer sur un sujet aussi délicat et passionnant. Je constate que le mot chance conoté d’irrationnel et de subjectivité est ramené par l’auteur dans le champ de la rationnalité, à l’intérieur de la sphère de l’activité humaine.

Le trio, talent, travail, chance fonde la réussite concrète d’un projet. Le hasard est évacué comme trop abstrait. En avoir ou ne pas en avoir n’est pas signifiant parce que c’est le sujet par sa place dans l’espace/temps qui détermine la liaison avec ce qui apparaît comme une opportunité objective. Il est au bon endroit au bon moment, il est responsable de ses choix. La chance est donc une compétence à travailler, sans doute une compétence de « navigation » et « d’intuition » qui permet à l’individu de créer un environnement favorable autour de lui, environnement qui lui permet de gagner des concours de circonstances ( la croisée des chemins), de déclencher ces fameuses opportunités dans lesquels nous rentrons parce que nous les quêtions. Une bonne demande avec les bonnes personnes au bon endroit maximalise  le potentiel de l’opportunité à laquelle nous pouvons répondre. Il faut donc sortir de la routine et des systèmes fermés pour accéder aux opportunités nouvelles. Ouverture, disponibilité, vigilance, création de réseaux et de liens, transformation des échecs comme matière à rebondir, anticipation et projection sont les maîtres mots qui permettent la rencontre de ces opportunités. L’individu devient, dans l’environnement qu’il a trouvé ou su créer, une opportunité relationnelle lui-même qui réalise ses objectifs.

Cette vision pragmatique sur la réussite que d’autres appellent chance est complètement fondée dans une perspective centrée sur le sujet comme acteur. Son seul défaut serait de ne pas faire une part aussi belle à la surprise ou à l’inattendu. Car même dans la non-action des choses se passent. Elle marque bien le chemin de l’homme responsable vers les circonstances mais passe un peu sous silence que les circonstances viennent parfois rencontrer l’homme sans que celui-ci n’est du moins apparemment agi fondamentalement. La « magie », j’oserais dire la beauté de l’exceptionnel est peu quantifiable, la découverte est par définition nouveauté au sens d’apparition. Je peux découvrir les autres et le monde mais parfois c’est le monde et les autres qui me découvrent et viennent à ma rencontre. Je ne suis pas seulement acteur mais spectateur ou plus précisément acteur/contemplateur. Parfois l’amour, la richesse, la maladie, la mort… viennent à ma rencontre et me bouleversent. Je ne les ai pas cherchés mais ces choses me sont données, nous sommes alors plus près de la Grâce que de circonstances analysables ou de circonstances que nous chercherions désespérément. Qui court derrière la maladie et la mort ou la pauvreté, quelques fous et irresponsables certes…ils ont sans doute leur rétribution; mais pour les autres je n’irai pas dire qu’ils sont acteurs et responsables de leurs maux, on peut être victime des circonstances.

Reste qu’on peut encore les transformer et que la Vie même nous invite souvent plusieurs fois à le faire. La liberté de chacun est d’y répondre ou non c’est cela notre responsabilité.

En choisissant les circonstances de ma vie, je choisis de naviguer dans les « possibles » qu’elle m’offre mais je pense qu’il serait prétentieux de croire que je la gouverne absolument. L’exceptionnel et l’inattendu, les surprises qu’elle me réserve fonde sa beauté et la magie de sa découverte. La projection est dynamique car elle est « entre le déjà et le pas encore », la programmation peut devenir ennuyeuse… j’ai un défaut, j’aime être surpris…

 

 

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