La main


Aussi loin que remonte ma mémoire je me vois sur un chemin, dans les montagnes d’Auvergne qui virent mes premiers jours, je n’avais que deux ans à peine. Un long chemin longeant des murets offrait devant mes pas mal assurés un paysage de douces collines. Ma main dans la tienne, j’avançais l’oeil en découverte.

Je n’oublierai pas cette main chaude qui m’invita sur terre, nous prîmes de la distance par la force des choses, la vie avec son cortège d’occupations éloigna notre proximité. Peut-être qu’inconsciemment je fus séduit par ces reliefs et que, vingt ans plus tard, je cherchai à les vaincre en déclarant ma passion pour cette montagne dans laquelle je ne cesse aujourd’hui d’aller. L’enfant reste imprégné par ceux qui représentent sa sécurité, il la construit d’autres manières lorsqu’ils s’en vont, il anticipe leurs départs…Me voilà orphelin, tu nous as quitté en ce mois de novembre comme maman quelques années plus tôt.

Bon voyage mon papa, je prendrai soin des miens, de mes frères aussi et un jour tes petits enfants diront au revoir à leur père et à leur mère aussi, c’est la loi sur la terre, il faut bien s’y plier mais non sans espérance car il y a des ailleurs et d’autres mondes nous attendent…

A mon père parti le 29/11/2016 dans sa 90 ème année.

UNE JOURNEE PARTICULIERE.

Voilà plusieurs jours que nous nous rapprochons par mails et téléphones, mon frère et moi, comme si l’échéance se rapprochait. Je suis bouleversé et des vagues de souvenirs et de tristesses se succèdent. Bilans, creusement intérieur, doutes, joie…une succession d’émotions difficilement contrôlables qui partent quelquefois dans les larmes. J’espérais un Noël de plus, réunis sur Toulouse, avec ce magnifique parcours en voiture que tant de fois j’ai fait.

Je ne peux pas rester à la maison, j’ai besoin d’oxygène. Je monte aux Contamines pour courir. Mes foulées me mènent à la Chapelle, je prends un temps pour penser à toi te remettre entre les mains du très Haut, tu vas sans doute rejoindre maman…Demi tour, j’arrive à la voiture. Mon frère a laissé un message, je le rappelle, sa voix est brisée, j’ai compris, tu es parti.

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