DPEDA Jean Luc Mélenchon convaincu et finalement convaincant.


Le terrain avait été soigneusement préparé pour que l’invité s’il ne se prenait pas les pieds dans le tapis puisse au moins glisser dessus. La stratégie journalistique fut tout de même un peu cousue de grosses ficelles bien visibles.

On cherche dans le passé des positions, qui ont nécessairement évolué, on les confronte à une actualité plus récente pour mieux faire apparaître les contradictions. On égrène ensuite quelques anecdotes ou citations bien choisies d’amis ou d’adversaires du candidat pour fragiliser sa défense et démontrer ainsi une certaine incohérence. M Pujadas, madame Saint-Cricq, monsieur Lenglet et autres contradicteurs ont donc joué leurs rôles mais, je ne suis pas le seul à les avoir trouvé plutôt agressifs, sans brillances intellectuelles, manquant de rebondir intelligemment et s’enfermant dans de petits raisonnements, très attendus et conventionnels qui montraient que le changement de paradigme que proposait l’invité n’était pas à leurs portées. Sans doute la vivacité intellectuelle de l’invité, son punch, son argumentation, sa cohérence et son humour ébranlèrent quelque peu l’édifice piégeur qui aurait dû donner un spectacle d’arène le soir d’un combat solennel et tragique.

M Pujadas commit la première faute d’entrée, essayant de légitimer un pouvoir et ses actions, lors même que sa légitimité est contestée par l’opinion quand ce n’est pas dans la rue. Tout son effort fut pendant cette émission de ramener M. Mélenchon dans une position normée, caricaturale qui,  s’il l’acceptait, mettrait l’invité en difficulté. Bien sûr, ce dernier avec sa verve habituelle regagna sa position, « hors les clous », sans modèle, d’indépendance revendiquée, justifiant ainsi sa non appartenance à la primaire et fit avancer le pion de la 6ème république, de la réappropriation réelle du pouvoir démocratique par le peuple sans occulter la politique des urnes.

Sur le plan de la politique étrangère et des flux migratoires, la volonté de M.Mélenchon de traiter le problème à la base (l’arrêt de la guerre), plutôt que de rentrer dans la politique de rattrapage classique des pays de l’Union qui ont montré une dispersion et un manque de cohérence avec des allers et retours sur toutes ces questions, déstabilisa encore la bien-pensance journalistique.

Les français invités à dialoguer, posèrent des questions non dénuées d’intérêt mais très spécifiques et qui auraient mérité un développement plus long. Hélas nous apprîmes un peu plus tard que leurs parcours n’étaient pas sans rapport avec une proximité du pouvoir actuel. Ceci ne fut donc pas au crédit des contradicteurs non plus.

http://www.vsd.fr/loisirs/dpda-les-francais-choisis-pour-debattre-avec-melenchon-posent-probleme-video-14190

Le couperet tomba en fin d’émission, des « spécialistes » de l’analyse des réactions sur les réseaux sociaux et des sondages en direct, créditèrent M.Mélenchon d’une percée de crédibilité et d’une lisibilité accrue pour les français.

Morale de cette histoire qui fut une belle soirée pour l’invité: le taureau sortit de l’arène avec quelques blessures superficielles certes mais la vie sauve et les matadors aux habits de lumière offrirent une grise mine aux spectateurs.

Pour le détail des arguments je vous renvoie au replay de l’émission, il ne m’appartient pas  de redire ce que l’invité a exprimé avec force et conviction et certainement avec plus de précisions que ce court texte ne me permettrait de le faire.

http://pluzz.francetv.fr/videos/des_paroles_et_des_actes.html

Vous pouvez également visiter son blog, acheter ses livres pour mieux asseoir votre position dans une perspective critique et faire des propositions concrètes pour faire avancer le débat démocratique.

http://melenchon.fr

d’autres réactions:

antoineleaument.fr

 

 

 

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Etrange: les extraterrestres dans un de mes rêves.


Dans la nuit du 30 avril au 1er mai.

Nous étions dans un centre de vacances, nous amusant avec d’autres amis lorsque soudain nos regards furent attirés par des lumières dans le ciel. Nous distinguions à peine trois bâtons de lumières qui convergeaient vers un centre et qui se déplaçaient ensemble. D’abord très petit, il grossit très rapidement pour s’arrêter à quelques distances de notre centre de vacances. Il resta là en suspension au-dessus du sol quelques secondes, ce qui nous permit  d’en distinguer plus précisément les formes. Son périmètre était triangulaire et les bâtons de lumière n’était pas seulement sous l’engin mais sur les côtés du triangle, d’autres plus petits étaient disposés sur l’engin à différents endroits. L’engin était très plat, sans bosse apparente, « un gâteau triangulaire ».

Il se déplaça soudain vers nous et sa taille nous apparut gigantesque (plusieurs centaines de mètres, voir au delà du km). Il s’arrêta au dessus du centre et s’arrima aux bâtiments, comme s’il s’adaptait aux formes rencontrées. Les hommes décidèrent de s’approcher et de rencontrer ces êtres. Il fallait pour cela rentrer dans un bâtiment et ouvrir une porte qui menait à un SAS sans lumière. Je vis un des nôtres franchir le seuil devant moi et une angoisse indescriptible m’envahir. Malgré les propos optimistes de certains sur l’humanisme des civilisations avancées, en un flash dans ma pensée, j’eus la vision de la shoah et l’appréhension de la captivité de l’esclavage ou de l’éradication de notre espèce.

Je refusai de franchir le seuil du SAS… le rêve prit fin.

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Critique de La Révolution Sécuritaire (1976-2012) par L. Francou


Le glissement de causes sociales à causes individuelles justifiant la répression de toute forme d’opposition, violente ou non me paraît très intéressant.

Nicolas Bourgoin

Lionel Francou, « Nicolas Bourgoin, La révolution sécuritaire (1976-2012) », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2013, mis en ligne le 28 mars 2013, consulté le 28 mars 2013. URL : http://lectures.revues.org/11077

Après deux premiers ouvrages consacrés au suicide en prison (1) et à une lecture critique des statistiques du crime et de leur instrumentalisation (2), Nicolas Bourgoin (3) nous livre ici un travail de recherche qui s’inscrit dans la continuité de ces travaux tout en franchissant un palier supplémentaire. Il nous présente ici une approche globale portant sur les différentes dimensions des politiques sécuritaires, depuis leur conception jusqu’à leur application en passant par les processus médiatico-politiques qui ont, à la fois, permis leur succès et leur légitimation. Cette dernière peut s’observer à travers un « consensus politique » qui justifie la non-remise en question de cette approche sécuritaire désormais présentée comme politiquement neutre et technique. Ainsi, cette direction sécuritaire devient la…

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un documentaire d’Hitchcock sur l’holocauste nazi sorti d’un long silence …


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À gauche, un survivant des camps implore de l’aide, à droite, Alfred Hitchcock.
Ames sensibles s’abstenir… Terrible et en même temps étonnement émouvant, une histoire de fantôme dirait Isaac.B.Singer… Se battre pour ces ombres, pour qu’elles ne soient pas oubliées qu’elles soient juives, tziganes, communistes ou autres…
Hitchkock a été très tôt aux Etats-Unis, un des cinéastes qui s’est engagé contre le nazisme au point de subir comme ceux, qui en général venaient d’Europe ,l’hostilité active des sympathisants nazis. Ces derniers étaient organisés et ils ont élevé la voix jusqu’à l’entrée en guerre des Etats-Unis. Et ils ont ressurgi plus actifs que jamais sous le Maccarthysme et même un peu avant à Hollywood. Mais comme la plupart des cinéastes antinazis, ses films ne dépeignaient pas l’horreur des camps, plutôt un monde inquiétant d’espions ou de fanatiques. Ce reportage dont on ignorait tout a été tourné à Bergen Belsen, là où…

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Cahuzac: les hommes malades de la peste.


Cahuzac

Jean de Lafontaine aurait eu peu de mal à identifier le baudet de sa fable s’il avait vécu à notre époque, tout le monde ayant crié « haro ». Non seulement les animaux mais les hommes et leurs instincts grégaires travaillent parfois à leur perdition. Bien sûr Jérôme Cahuzac a menti et l’avenir nous dira s’il est le seul menteur de la terre.

Des informations récentes tendent à faire penser que ce petit bloc de glace émergeant sur l’océan de la fraude fiscale mondiale ne peut être pris pour la banquises et les icebergs qui la composent. Médiapart fait certainement un travail d’investigation pour une fois sérieux dans le contexte médiatique français, peu prolixe en enquêteurs de talent.

Mais attention toute médaille a son revers, en mettant sa main dans le nettoyage des arcanes obscures de la politique, il va falloir en toute équité balayer le champ des suites possibles  de tous les bords. La tâche semble titanesque sauf si on donne des moyens substantiels à ces médias.

D’autre part, si les médias sont enquêteurs au même titre que la police et la justice, une sérieuse redéfinition des missions de chacun doit être revue par nos gouvernants. Quels liens tisser entre la presse d’investigation indépendante (ou supposée telle) et le pouvoir légitime qui est sensé réglé les désordres de la démocratie?

Je trouve tout de même que notre mémoire flanche un peu,  des affaires passées ou en cours dont les ordres de grandeur ne sont pas comparables à celle évoquée ici (le crédit lyonnais, les frégates de Taïwan, l’affaire Bettencourt, Kerviel et les traders… les scandales immobiliers en tout genre…) devraient mettre un bémol à des propos « offusqués » de certains qui jouent les « saintes nitouches ». Beaucoup au nom de « l’horreur », donc de l’honneur de la République ou d’un parti se drapent de sainteté, mais qu’en est-il réellement?

Nous savons tous que les tentations du pouvoir sont ce trio infernal dont peu sortent indemnes: orgueil, argent et sexe. Les faits nous donnent raison tous les jours.

Faut-il rappeler que l’homme reste à la merci de ses choix éthiques ou de ses non choix. Sans une conscience élévée, un travail sur soi réel, et même avec, personne ne peut se vanter d’être irréprochable. Ce mot employé par des responsables politiques pour donner une image ou une volonté de… est un leurre, l’exigence surhumaine qu’il véhicule n’est possible que pour des Saints comme Gandhi, Martin Luther King et autres maîtres de spiritualités qui sur les traces des fondateurs de religion ont essayé de nous dire que nous ne pouvons faire le bien, ni le produire en nous-même. Jérôme Cahuzac exhume donc la partie sombre de nous-même, il révèle la fragilité égotique que chacun peut éprouver dans certaines circonstances.

En attendant il s’est menti à lui-même en premier et sa reconstruction après cet aveu sera sans doute longue… Doit-on se réjouir de la chute de quelqu’un ou prier au contraire pour son redressement, sa guérison, je laisse chacun évaluer son degré de compassion ou d’empathie, à supposer que d’obscures pensées vengeresses ne nous nous poussent pas à nous substituer à la justice ou à Dieu.

Si un ange passait au-dessus de l’Assemblée et du Sénat, regardant droit dans les yeux la pureté de nos élus, combien ne seraient pas enclin à baisser leurs regards devant le miroir de leurs actes et non pas seulement pour de l’argent. L’humilité précède la gloire et c’est parce qu’il a voulu la gloire en premier que Jérôme Cahuzac est conduit vers l’humilité. Ce n’est pas le chemin de la condamnation comme le croient certains, c’est le chemin de la libération possible pour lui. Va t-il saisir cette chance? C’est sa liberté, sa responsabilité, je ne serai pas son juge…

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Bonne année


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La fin du monde, non mais la fin d’un monde oui.


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Bien sûr contre les prophètes de malheurs, certains triomphent. Une bonne occasion de réveiller les consciences passe et tout le lot des faiseurs de poncifs reprennent du poil de la bête… On peut s’endormir à bon compte dans le conformisme ambiant, ignorer les alertes, les voyants rouges et reprendre le train du métro boulot dodo. Mais la réalité nous rattrape tout de même. La crise n’est pas derrière mais bien devant, crise des systèmes, crise des énergies, crise des ressources, crise du travail, crise des revenus, crise des relations dans la famille, crises  humaines multiples  qu’une société complexifiée a créée en multipliant les lois particulières pour chacun en oubliant parfois les lois génériques et simples qui devraient cimenter l’unité des citoyens entre eux…

Continuer de penser que nous pouvons garder notre rythme effréné de consommation, continuer le gaspillage alimentaire alors que certains sont en manque et sans abri, voilà qui relève d’une certaine utopie ou d’une inconscience si ce n’est d’une indifférence pathologique pour nos semblables. La grande masse laborieuse continue d’alimenter les systèmes dominants mais les voix des peuples commencent à se faire entendre… en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce et dans les régions où l’oppression qu’elle soit politique ou religieuse contraint les hommes à « survivre ». Oui nous sommes en train de vivre la fin d’un monde: celui du rêve, de l’insouciance et de l’indifférence. Nous allons bientôt être dans « l’obligation de solidarité ». On sent bien que la maison construite sur du sable est fissurée, que des pans de murs s’écroulent, mais il faut avant de faire table rase que l’obstination développe ses forces jusqu’au bout. Les maîtres qui ont la main  sur la domination du monde essaient de sauver « leurs mises ». La réalité viendra elle aussi frapper à leurs portes, ils seront aussi emportés, devront aussi s’adapter, perdre à leur tour. Point de pessimisme en cela, car la véritable « révolution » est celle des consciences qui transforment le monde pour en ouvrir un nouveau… Le 21 décembre 2012 est passé, sans rien dire, dans un murmure, une nouvelle voix nous chuchote… changez pour demain. Ce n’est que l’aube de la véritable humanité, celle qui peut construire. Il nous faut faire un choix radical, exister ou … disparaître.

Bonne année, construisez 2013 et sa suite pour vos enfants et les générations que nous ne verront pas sur la planète bleue.

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Protégé : Entrer et sortir, la sexualité dans le sacré, suite…


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La néfaste télévision


L’approche scientifique et statistique de Michel Desmurget ne souffre pas de contestation, il convient cependant de ne pas traduire ces constats par des « interdits comportementaux ».

Il existe une éducation à l’image, une responsabilisation du téléspectateur qui doit le laisser libre des choix qu’il opère en toute connaissance de cause. Certaines addictions sont des lobotomies volontaires, des asepties du cerveau qui ressemblent à des suicides déguisés ou des fuites pour la survie… Chacun doit donc mesurer sa maîtrise ou sa non maîtrise par rapport à des outils et des supports chronophages.

C’est l’axe de la dépendance et de son influence qui est envisagé ici, il conviendrait de mettre en parallèle le facteur dynamique qui suscite la créativité. Certaines images ou émissions ont suscité des vocations, ont piqué la curiosité, ont engendré des réactions, ont ranimé des débats… Si je n’avais pas lu certains blogs ou regarder certains films, ou vu certaines émissions, mon spectre culturel serait-il le même?

Très difficile de dire si sans télévision le monde d’aujourd’hui serait plus intelligent, il est plus vraisemblable de dire que l’intelligence peut intégrer de nouveaux outils et que la maîtrise de ces derniers peut pousser cette dernière à se développer, sans garantie de résultats… L’objet n’est-il pas ce que nous en faisons?

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Dans les espaces sombres et lointains de l’univers.


Hubble pointe son regard dans un espace sombre de l’univers, voilà ce qu’il voit…

Pour méditer sur notre dimension, sur notre importance, sur notre suffisance, sur notre humilité réelle, sur la beauté de la nature, sur notre existence solitaire…

Bon rêve…

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The artist: l’alchimie émotionnelle.


Tout n’a pas été dit et tout ne le sera pas au final sur le mystère et le succès d’un film qui en lui même et avec la relation incroyable du spectateur chemine dans les coeurs de millions de personnes. La différence entre la chimie et l’alchimie pourrait tenir en deux lettres mais force est de constater qu’on entre dans l’indicible, dans une alcôve secrète ou les images prennent vie et entraînent nos regards, nos sentiments, nos souvenirs vers des chemins dont on ne soupçonnait pas les méandres avant d’avoir accepter de mettre nos pas dans ceux du réalisateur et de ses acteurs. L’harmonie est une esthétique de la pureté et lorsque les intentions sont de cet ordre, des circonstances favorables prévalent et ordonnent une réussite, qui, jamais acquise, est en germe et attend ses magiciens. Monsieur Hazanavicius entouré d’une équipe aussi bien inattendue que talentueuse a donc pris sa baguette et distillé un opus qui loin d’être une histoire d’amour simple, jouée sur le registre du mélodrame renvoie en fait à des ressorts puissants sur l’être générique que nous sommes traversant l’histoire.

L’entrée en matière déroule un paradoxe total, la musique tonitruante presque agressive plonge le spectateur dans l’univers du muet, donc une absence de sons qui ne peut être compensée que par un jeu de physionomie appuyé, exagéré. Le propos est posé, la musique (et quelle musique) sera là jusqu’au bout pour provoquer bourrasques et tempêtes dans notre être intérieur. Les plans rapprochés permettent de saisir le mouvement qui non seulement sur le visage mais dans les attitudes du corps aussi renvoient à nos expressions… Effet miroir parfait d’un langage dont la parole n’est que parfois le médiocre véhicule, le mime, la geste, la pose touchent notre sensibilité, nos émotions.

Jean Dujardin comme Bérénice Béjo, mais aussi les autres acteurs, excellent à merveille dans cet univers de comportements et d’expressions. Leurs regards malicieux, tristes, étonnés, gênés, amoureux, pétillants, angoissés, perdus… nous entraînent dans leurs sillages. Leurs gestes parfois surjoués à dessein finissent par nous faire adopter cette étrange position du spectateur dans le muet que beaucoup d’entre nous ont oublié.

Fort de ces talents et de ceux qui lui sont propres, Michel Hazanavicius écrit un scénario pour Jean et Bérénice. Le thème de la gloire et de la déchéance est traité d’une manière non conventionnelle. Dans beaucoup de films, le héros reste égotiquement seul face à la caméra qui s’épanche sur ses tourments intérieurs. Ici la croisée des destins, dont l’escalier dans une scène n’est qu’un symbole, permet avec l’amour entre George et Peppy une plus grande générosité. Finallement la chute est amortie par l’Ange Bérénice qui veille sur son amour et reste dans une distance pudique mais en alerte pour parer à tout danger. Ce double mouvement de la descente de l’un (aux enfers) et de la montée de l’autre (dans le succès et la gloire) donne incontestablement un relief à un récit qui aurait pu resté descriptif et plat. La lente et douloureuse prise de conscience de George d’une autre réalité que la sienne (le cinéma parlant) atteint son apogée dans le tremblement de terre que la plume engendre en se posant sur le sol. Nos illusions tombent aussi sûrement que nous les construisons, les univers fermés, sécuritaires ne durent qu’un temps. L’amour perdure dans cette réalité parce qu’il transcende justement cette réalité, il la sublime, il la transmute. La fameuse phrase: »Si tu veux être actrice, il te faut quelque chose que les autres n’ont pas » va dans ce sens. Il ne s’agit pas ici d’un simple talent mais un charisme authentique, une humanité dégagée, un rayonnement, une présence, une densité que bien des acteurs n’arrive pas à trouver parce qu’ils pensent que leur personnage va leur donner. Mais il faut aller chercher au fond de soi ce que l’on a pour l’habiter réellement.

Sans égrainer les malheurs qui touchent George une deuxième phrase: « Pourquoi tu refuses de parler » opère un autre basculement qui stigmatise le refus et l’orgueil de ce dernier. La descente s’amorce irrémédiablement. Les biens, signes extérieurs de réussites apparaissent dérisoires dans les circonstances douloureuses que connaissent les êtres. Leur abandon n’est que le lâcher prise de l’avoir qui doit permettre l’émergence d’une nouvelle vie, une résurrection forcée que dans le dépouillement George va découvrir. La conscience qui interpelle (George rapetissé sur le comptoir du bar) pique l’inertie et les esprits de dépression qui voilent, l’alcool aidant, la vision claire d’un avenir encore possible, d’une reconstruction.

Sans doute la confrontation à son propre orgueil est douloureuse (le film de George et son échec). Le désir de destruction est une solution de fuite et les bobines de films brûlées (sauf une qui reste un lien, témoignage de ce que je ne veux pas quitter) n’effacent pas les souvenirs inscrits dans la chair de l’acteur. La bobine traversant les flammes est bien ce passage ténu qui nous conduit vers la rédemption, l’acceptation de pardonner un passé sans l’oublier totalement, et d’abord le peut-on?

Le chien, compagnon fidèle traverse ces événements lui aussi en fil d’Ariane. Elément dont on pourrait penser qu’il n’apporte rien à l’humanité, il alimente un affect, une relation fidèle et stable, c’est bien un transfert, un pont entre la rive de la solitude et l’amour retrouvé.

Peppy, elle avec la clé que George lui a donné, avec le « quelque chose que les autres n’ont pas » est en haut de l’affiche. Accepter de voir la réussite de l’autre, c’est accepter qu’un jour on a été dans cette posture, c’est recoller à soi même, c’est se retrouver. L’Ange recueillant son amour devient le protecteur parce qu’il a été lui-même chéri dans cet amour, donner et recevoir sont les deux faces du même acte qui relient les êtres dans cette attraction permanente, cette attirance qui bouscule leurs orgueils.

Mais tous ces objets couverts de draps blancs font resurgir tels de véritables fantômes, un passé qu’on pensait annihilé. La construction de son histoire personnelle de ses émotions est réactivée et George face à lui même, regardant son portrait, intègre le caractère excécrable de son orgueil, la solution finale du suicide semble inéluctable. L’arrêt de la souffrance est une des solutions pour ne pas faire face à l’avenir, pour rejeter la détestation de soi-même mais l’amour guérit ces blessures et l’Ange Peppy suivant son instinct vole au secours de ce qui va redonner sens à deux destins qui, seuls, courraient à leur perte, qui réunis enfin vont triompher des vicissitudes de chacun.

La question de l’après est donc posée après ce « happy end » qu’un BANG aurait pu arrêté et la solution est celle de la réconciliation. Si George résiste à la parole, il ne résistera pas à une tentation d’expression intermédiaire, la danse et les claquettes qui le réconcilieront avec le cinéma qui l’avait abandonné. Les souffles perçus a la fin de sa prestation avec Peppy laisse penser que la comédie musicale n’est pas loin et que l’amour indestructible liera à tout jamais ces destins.

Par les temps sombres qui courent sur la planète, Michel Hazanavicius vient de nous envoyé une bouffée d’oxygène hors du temps, un temps suspendu que Lamartine sur un mode plus classique n’aurait pas rejeté. L’idéalisme n’est pas loin puisque l’amour demeure bien éternel mais l’amour est un long combat dont les batailles multiples ne sont pas ignorées. L’ego, la réussite et la gloire qui accompagne son affirmation sont autant de pièges sur la route qu’il nous faut éviter pour pouvoir tisser une relation.

Mais ma chère Bérénice vous avez là,  la plus belle déclaration de votre Prince charmant. Il vous avertit des dangers du chemin, vous donne des clefs pour triompher des épreuves, vous pousse comme lui dans la persévérance de l’amour et vous dit au travers de George qu’il vous aime.

Et si Michel a fait un film muet c’est sans doute qu’il ne saurait dire l’expression total de son coeur à votre endroit parce que sa pudeur reste entière. Finalement il aurait bien joué avec vous mais il n’aurait pas contemplé son bonheur ni pu le porter aux nues, c’est vous son bonheur. En aucun cas  la réussite et la gloire qu’il veut vous donner ne seront l’équivalent de l’alliance de destins qui restent la vôtre, à jamais nous le souhaitons comme lui…

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Lana Del Rey, le symptôme d’une civilisation.


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A l’heure où certains comparent les civilisations sans vergogne, des icônes emblématiques envahissent le web et brillent l’espace de quelques instants devant nos yeux ébahis d’enfants émerveillés. Nos oreilles se remplissent et s’abreuvent de sons sophistiqués qui nous enivrent  mais il est difficile parfois de trier ce qui peut être un bijou en toc d’un pur diamant. Ma chère Lana c’est ce qui t’es arrivé avec ces déchaînements contrastés de compliments et de critiques qui ont plu sur tes beaux cheveux de poupée et sur tes lèvres sulfureuses qui ont réveillé sans doute les frustrations de certaines plumes dont l’acidité n’avait d’égal que l’ennui le plus long dans lesquelles  elles  étaient plongées depuis des lustres…La sensualité et l’érotisme réveillent mais surtout révèlent l’impuissance des frustrés… on le savait, surtout chez les critiques, spécialistes des cheveux coupés en quatre, examinateurs assidus des copulations atypiques de la grenouille verte du Guatémala (quand elle existe)…

Je suis clair, ton album tient sur les deux pieds sublimes de Vidéo games et Born to die mais rien que pour ça, je te remercie. Beaucoup d’épaisseur et de sensualité dans cette voix qui devrait encore se faire entendre… mais peut-être n’est-ce pas ton chemin.

La difficulté chez l’être humain, c’est souvent la reconnaissance, le merci, la satisfaction, le contentement. Ceux qui cherchent la perfection chez les autres oublient leur propre personne, c’est l’histoire d’une paille et d’une poutre, un gars bien connu en a parlé il y a longtemps mais la maladie d’Alzheimer progresse énormément sur terre… les temps de la fin sans doute.

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Deux rêves étranges.


Je sortis hors de mon corps et l’espace étoilé s’offrait à mes regards. Allongé, tournant le dos à la terre, je contemplais les myriades et vit soudain un objet volant de forme trapézoïdale avec quatre lumières en ses coins. Je montai vers lui, il filait à grande vitesse, ce n’était pas un avion, ni même une fusée mais une structure alvéolée dont la dimension devenait gigantesque au fur et à mesure de mon approche. Je distinguai maintenant d’autres lumières sur la structure. Je voulus tenter une ultime approche pour pénétrer à l’intérieur… mon rêve s’interrompit.

Nous étions en guerre mais les objets qui volaient ne ressemblaient à rien d’actuel, ils avaient à la fois des pales pleines comme des disques et des ailes réparties sur le fuselage principal. Je sentai clairement que la question de la survie de l’espèce humaine était l’enjeu de ce combat contre des forces inconnues… je m’approchai d’un haut gradé, apparemment américain, selon son uniforme, qui s’était substitué au président des Etats Unis et commandait après sa disparition. Il était allongé au milieu d’autres responsables civils, sa poitrine était en sang, nous devions intervenir pour le sauver et écouter ses dernières instructions…

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Souvenirs d’enfance.


Première colonie d’Hiver

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Le système éducatif finlandais et le nôtre: une comparaison salutaire et instructive.


L’échéance de 2012 approche, les candidats en présence commencent à se positionner sur les différents sujets qui peuvent intéresser les français. Lorsqu’on parle d’avenir d’un pays, on pense d’une manière naturelle à la jeunesse, à ce potentiel formidable qui peut construire demain. L’éducation n’est pas seulement la tâche naturelle de tout parent responsable, elle est un devoir d’état, ce dernier en mettant les structures adaptées et les moyens nécessaires à sa modernisation dans le contexte de l’évolution mondiale actuelle peut, s’il affirme une volonté politique, construire son avenir sur la base solide de citoyens compétents, cultivés, critiques et équilibrés. La situation en ce qui concerne la France est certes préoccupante mais pour reprendre le titre d’un film bien célèbre, « pas encore désespérée ». Malgré des enquêtes internationales défavorables (il faudrait pondérer certains commentaires), la France garde une place honorable dans un contexte de changement de population scolaire important sur les trente dernières années, avec une réduction de ses moyens en formation, une réduction de ses rémunérations aux personnels, un alourdissement des procédures administratives et des difficultés de recrutement qu’une récente « masterisation » ne semble pas résoudre. Ce ne sont que quelques problèmes parmi d’autres que je mets en avant mais l’ébranlement fondamental est plus subtil à discerner, j’y reviendrai.
Pour alimenter notre réflexion, la vôtre également, je ferai un commentaire d’un article décrivant le système finlandais, j’y ajouterai des remarques, des propositions au regard de notre système dans lequel je travaille depuis trente ans.

Voici l’article en question:

La Finlande est l’un des pays où les écarts de performance entre élèves sont le plus faibles et où l’impact des conditions socioéconomiques sur leurs résultats scolaires est également plus réduit qu’ailleurs

Une première chose me frappe, on parle d’emblée de la formation des enseignants avant de parler des résultats des élèves. La formation initiale et continue semble donc être une condition première pour « se mettre en situation de réussir ». En France le discours est bien souvent à l’inverse, on part des « mauvais résultats » pour interroger les enseignants (plus exactement les culpabiliser ou les astreindre à un travail qu’ils seraient censé ne pas bien faire) en occultant les prémices que sont le recrutement et la formation initiale.
Deuxième point, la réforme commence en 1970, il a donc fallu quelques années de refonte pour produire « l’excellence ». Une politique sur le long terme est donc souhaitable. En France un ministre de l’Education Nationale dépasse rarement 3 ans à la tête de son institution, peut-il dans ces conditions infléchir à terme les tendances dont il hérite en partie ? La multiplication des réformes (anecdotiques?) permet-elle une lisibilité et une adaptabilité des personnels qui doivent les appliquer, leur adhésion est-elle réellement sollicitée ou n’assiste t-on qu’à des consultations formelles donnant bonne conscience aux dirigeants qui pensent ainsi « sauver la démocratie participative »?
Troisième point, la réforme du système finlandais est fondée sur l’importance d’un cursus commun que ce soit pour les enseignants du primaire et du secondaire même si des modalités ou des options distinctives apparaissent au sein des formations. Les tentatives d’unifier les recrutements en France sont louables mais combien tardives. Dès les années 1980, époque de mon recrutement, nous avions du mal à comprendre les différentes appellations et cursus des élèves instituteurs au sein de l’école normale, on peut rappeler que jusqu’à 7 formations distinctes étaient proposées dans les années 1990.

   Le niveau de recrutement en Finlande est élevé et donne une expertise crédible aux enseignants qui sont considérés par la société comme les spécialistes les mieux placés pour pérenniser un système de qualité. En France la masterisation n’a pas été accompagnée par la formation initiale, un récent rapport constate son échec en l’état.

Les enseignants français ont été peu consultés sur les réformes de recrutements et de formations ces dernières années. L’impact de la représentativité syndicale ayant décru, l’administration a pu imposer peu ou prou ses calendriers au fil des changements de ministres qui se sont succédés depuis trente ans à raison de deux à trois ans par « mandature » quand ce n’était pas plus court. Les consultations qui ont eu lieu ces dernières années ont été souvent formelles mais elles n’ont pas débouché sur des prises de décisions importantes pour la vie de la communauté scolaire. Voilà  20 ans que certains travaux de chercheurs sur les biorythmes de l’enfant ont montré l’inadéquation de la journée, de la  semaine et de l’année scolaire avec ces rythmes.

L’accompagnement progressif vers la responsabilité de la prise en charge du groupe classe n’est plus de mise en France, en supprimant les Ecoles Normales, leurs substituant les IUFM on a sans doute voulu (ce qui n’est pas un mal en soi) élever le niveau de recrutement et harmoniser les formations avec des professeurs plus proche de l’Université. En ce qui concerne les champs disciplinaires, si les professeurs sont de qualité, on peut s’attendre à ce que les contenus de formation satisfassent le plus grand nombre d’apprentis enseignants, est-ce le cas? Sinon pourquoi?

Ce faisant, on oublie presque que le métier auquel on se prépare est un métier de relation où la pédagogie a donc une place centrale et qu’on ne peut résumer la formation à des profilages de bonnes têtes par d’autres têtes, si excellentes soit-elles. Quid de la motivation des futurs enseignants, que savent-ils de la psychologie et de la construction de l’intelligence chez l’enfant au sortir de leurs différents cursus universitaires, quelles pratiques de classes ont-ils observé et les a t-on confronté dans un temps suffisamment long à des prises en main de groupes classes par ailleurs très hétérogènes selon les zones où ils enseigneront. A t-on parlé franchement avec eux de la difficulté d’être un généraliste, des difficultés de la mutation en début de carrière, de la rémunération et des perspectives d’évolution sur les quelques quarante années qui suivent (un peu plus dans quelques temps)? Ont-ils eu des discussions approfondies avec des enseignants chevronnés sur l’ensemble des difficultés qu’ils rencontreront sans doute à côté des joies réelles qui sont aussi ces moments forts et enthousiasmant de la carrière? Bref les a t-on préparé à une réalité ou ne leurs présente t-on qu’une face idyllique d’un métier sur lequel il s’illusionne parce qu’on valide une entrée par un diplôme donnant blanc-seing sans qu’on imprègne l’enseignant du caractère concret et exigent d’une tâche qui sera son lot durant la moitié de sa vie.

Anecdote: Je suis en poste depuis dix ans environ, j’ai le bonheur d’être à la campagne dans un petit village de l’Ain, un petit groupe scolaire de quatre classes, multi-niveaux. Je commence à être à l’aise dans mon métier, j’assure la classe de Grande Section – CP, nous sommes 28.

Je dois partir en stage de formation de trois semaines (oui vous avez bien lu, ça n’existe plus, il y en avait même de cinq semaines …). Pour me remplacer, je reçois dans ma classe un stagiaire ayant réussi le concours, c’est un ingénieur spécialisé qui m’avoue sincèrement, au fil de notre conversation, que face à la pression de l’entreprise (année 90) il souhaite tenter une expérience d’enseignement pour se réorienter (pourquoi pas après tout). Je lui donne tout ce que je peux, cahier journal, outils et jeux de la classe, façon de travailler en alternance de groupe, conseils pour l’écriture et la lecture… ce que tout instit doit faire pour faciliter le travail d’un futur collègue. Je reviens chaque semaine faire la liaison le samedi matin avec lui. Son visage se creuse à chaque fois au fil de mes visites, il fatigue visiblement, il finit par s’ouvrir et me dit franchement ses difficultés: le bruit qu’il ne supporte pas, qu’il ne sait pas géré, l’alternance des groupes qu’il juge complexe, le vocabulaire adapté à l’âge qu’il a du mal à trouver pour faire passer ses « notions », la progression phonologique qu’il ne peut pas tenir…Je le comprends et j’essaie de lui faire part de la complexité du métier, en même temps je lui pose franchement la question de sa motivation pour l’aider à y voir clair, pense t-il pouvoir s’adapter à ce métier? La réponse vient progressivement, éprouvé par ces trois semaines il m’avoue qu’il ne pense pas sur un temps long poursuivre dans l’Education Nationale.

Les enfants sont contents de me revoir, ils se sont adaptés mais reprennent vite leurs habitudes, la pâte humaine est extraordinaire. Avec deux phonèmes vus en trois semaines, il va falloir mettre les bouchées doubles pour terminer l’année mais j’ai confiance dans mon groupe dans les capacités des enfants à se mobiliser avec moi, à rassembler nos énergies…nous l’avons fait.

Des anecdotes sur la formation sur l’accueil de stagiaires j’en ai quelques unes comme ça mais il faudrait un livre…Bien évidemment certaines sont beaucoup plus heureuses et positives mais j’ai pris celle-ci en rapport de l’exigence, du profil psychologique et de la motivation qui doit fonder une démarche vers l’enseignement.

La sélection finlandaise se fait en plusieurs temps, l’accession au concours, les études et le master 2 ouvrant la clé de la porte formation, un apprentissage graduel et accompagné d’entrée dans les pratiques et un choix de vie, une entrée dans un métier valorisant mais pour lequel on doit montrer sa motivation. De plus les futurs professeurs sont de véritables enseignants chercheurs, les mémoires professionnels les amènent à pousser leur réflexion non seulement sur le domaine disciplinaire mais sur l’approche de leur propre pratique, ce fameux retour réflexif que je ne vois toujours pas assez impulsé en France.

« Les candidats doivent présenter un dossier d’admission comportant une lettre de motivation et un CV. Une expérience d’au moins un an comme assistant d’éducation (qui a en Finlande un rôle de soutien pédagogique et non pas de surveillance) est très appréciée. Ce que l’on cherche avant tout à évaluer chez les candidats, plus qu’une compétence académique, c’est l’intérêt réel pour les enfants. Après la première sélection sur dossier, les candidats retenus doivent subir un entretien devant un jury. Certaines facultés organisent des tests de groupe au cours desquels plusieurs candidats doivent débattre sur une question ayant trait à l’éducation. L’attitude des candidats, notamment leur capacité à écouter mais aussi à se faire écouter, et la manière dont ils s’insèrent dans le groupe comptent tout autant que les idées qu’ils défendent. Ceux qui passent avec succès le cap de cette ultime sélection intègrent la formation de professeur d’école qui se déroule exclusivement au sein de la faculté d’éducation, contrairement aux professeurs du secondaire qui eux suivent généralement une formation disciplinaire avant de compléter leur cursus par au moins une année de formation pédagogique dans une faculté d’éducation. » extrait de l’article.

Les entretiens professionnels en France s’ils évoluent ne ressemblent pas à ce processus, on confond trop me semble t-il, niveau de recrutement et compétence professionnelle supposée ou avérée. En prenant le diplôme comme exigence suffisante, on néglige le facteur humain, celui qui porte le diplôme, ses valeurs humaines, son estime de soi, son autorité, ses capacités à se situer dans un travail collaboratif ou en équipe, sa créativité (initiative pédagogique, construction de trucs et ficelles du métier), sa capacité à rebondir…Quel homme ou quelle femme, avec quelles valeurs allons nous mettre face à ces têtes malléables que sont nos enfants? Que pourront apporter ces personnes dans une relation forcément complexe où les enjeux des savoirs, de leurs constructions seront au coeur des débats?

L’autonomie du recrutement et son attribution à des acteurs locaux en Finlande ressemble étrangement à des modes de recrutements similaires de commissions scolaires canadiennes qui profilent leurs postes et après entretiens et études de dossiers, reçoivent les candidats (y compris de l’étranger) pour évaluer leurs aptitudes à s’insérer dans les projets d’établissements.

En France nous construisons des projets d’établissements avec des équipes sinon inamovibles du moins difficilement renouvelables parce que les systèmes de nomination et de permutation, complexes ne peuvent pas rentrer dans une souplesse du mouvement des corps enseignants. On aura donc le paradoxe de trouver des enseignants très motivés et jeunes ne pouvant accéder à des postes qui pourraient parfaitement leur convenir parce que leurs barèmes modestes et leurs voeux géographiques restreints sont des impératifs infranchissables (dans le primaire il n’est pas rare d’attendre 7 à 10 ans une nomination de son choix). Mais on pourra aussi trouver des enseignants expérimentés, ne convenant pas forcément à des postes, persévérer dans des groupes scolaires qui doivent ainsi porter des poids,  qui ralentissent la dynamique de projet quand ils n’empoisonnent pas la vie du groupe scolaire  tout entier. Toutes les variantes bien sûr, en dehors de ces deux extrêmes,  sont possibles à l’intérieur de ce système mais force est de constater qu’il ne répond pas à l’exigence qualitative professionnelle puisqu’il fige une adaptabilité nécessaire des profils possibles par rapport aux postes mis à disposition.

Cette autonomie locale finlandaise ne correspond pas au fonctionnement, fortement centralisé et hiérarchique  mais à deux têtes en France où l’Education nationale assure le recrutement, les salaires, et le pilotage administratif et pédagogique de ses enseignants tout en confiant les charges de fonctionnement à la commune. Les moyens sont inégalitaires: j’ai vu des variations allant du simple au triple concernant l’attribution de la dotation annuelle par élève pour les fournitures scolaires, entre 25 euros et 75 euros (je ne parle pas de certains records au plus bas ou au plus haut). Une pédagogie efficace trouvera certainement des voies intelligentes pour pallier en partie  ces manques mais les conditions d’accueil des élèves, le matériel mis à disposition, le confort de l’espace de travail jouent indéniablement un rôle, comme les effectifs (dont on essaie de minimiser l’impact en France alors qu’on l’a intégré dans la plupart des pays étrangers performants).

Le système Finlandais l’a bien compris, le suivi et l’individualisation des parcours demande une attention maximale, le temps passé avec chaque élève est mathématiquement et pédagogiquement précieux. Gérer 20 élèves n’est pas du même ressort qu’en gérer 30, et ne parlons pas des cours multiples, des niveaux d’exigence de présence de l’enfant selon l’âge (maternelle…) ni même des origines sociaux-culturelles ou des niveaux de langues selon les zones rurales ou urbaines qui complexifient naturellement la tâche pédagogique et donc exigent des niveaux de qualifications et d’expertises qui dépendent de formations initiales et continues de grandes qualités.

Le collaboratif est au coeur du système finlandais. Le fait que le cadrage soit national n’empêche pas une autonomie locale, ce faisant on responsabilise la communauté éducative qui a tout intérêt à obtenir des résultats honorables, gage de la qualité du bien vivre ensemble et gage de son avenir et de la confiance de sa population.

« Les programmes ne sont en effet définis que dans leurs grandes lignes par le Conseil national de l’éducation. Il revient à chaque école de rédiger les programmes locaux qui fixent les progressions précises dans chaque matière. » Nous sommes loin de cette autonomie en France parce que les programmes nationaux sont pensés dans un esprit « encyclopédiste » hérité vraisemblablement des Lumières (époque riche et indispensable de la construction des savoirs) mais aussi d’une obsession de l’exhaustivité qui balaye les champs disciplinaires sans distinguer le minimal de l’essentiel, le nécessaire de l’indispensable. Penser une école du Socle en France tient de la gageure parce qu’on n’allège pas véritablement les programmes. On colle une grille de compétences minimales assez cohérente sur des programmes très détaillés (impératifs) et des évaluations nationales correspondantes qui ne cadrent pas avec ce Socle qui pourrait être un cadre général suffisant d’évaluations à l’intérieur duquel, dans la liberté pédagogique, des enseignants pourraient construire les apprentissages. On met une pression énorme à la fois sur les élèves et sur le corps des enseignants par un pilotage par le résultat alors qu’il faudrait une structure initiale plus souple (compétences minimales et programmes en rapport) qui serait la condition première pour obtenir des résultats, après des phases d’apprentissages développées. Il y a bien en France une « évaluationnite aigüe » que certains pédagogues contemporains dénoncent, elle crée des crispations et des frustrations chez les enseignants qui sont presque condamnés par la pression et le manque de temps qu’on leur donne entre les évaluations à plaquer des comportements behavioristes alors qu’ils auraient mieux à faire à fouiller la pédagogie de projets et le socio-constructivisme, ou le cognitivisme dans ses phases les plus actuelles.

« La relation entre le professeur et l’élève est de ce fait une relation authentique, fondée sur l’aide et l’encouragement. La reconnaissance pleinement assumée de la dimension interpersonnelle de l’éducation constitue l’une des différences fondamentale entre le système français et finlandais. » L’évaluation sanction, la notation reste très présente en France, encore plus sensiblement au Collège et au Lycée (ne parlons pas du Bac et des examens terminaux). Ce faisant, l’objectivation des résultats gomme en grande partie les relations interpersonnelles entre l’enseignant et son élève (on numérote les élèves comme les items, la correction anonyme est un gage de neutralité et d’objectivité, on nivelle les individus au lieu de prendre en compte leurs différences…)

Ajoutons que l’école finlandaise est puissamment intégratrice parce que chaque enfant y a sa place. Cela suppose d’accepter que tous les enfants n’aient pas le même rythme ni le même mode d’apprentissage, ou qu’ils ne soient pas prêts à entrer au même moment dans un apprentissage. Tous les dispositifs d’aide aux élèves dits « à besoins éducatifs spéciaux » découlent de cette attitude d’acceptation profonde par l’enseignant finlandais de la personne de l’élève.

Le groupe classe en France fondé sur les âges, même si la notion de cycle le tempère est encore bien trop rigide, les passerelles favorables à la fluidité des parcours scolaires (avance ou retard) sont trop contraintes par les justifications administratives à rendre (dossier lourd de commissions de recours, d’appel grâcieux…). On dit d’un côté qu’il faut adapter et individualiser le parcours des élèves mais on garde des fonctionnements impropres à moduler ce parcours pour rester dans une moyenne acceptable qui favorise la classe d’âge sans tenir compte de la psychologie affective et évolutive de l’enfant. Il est rassurant et encore « bien vu » d’être au niveau de sa classe avec l’âge qui est sensé lui correspondre: il y a donc une « normalisation éducative » à la française qui ne peut transgresser les tabous traditionnels; l’élève normal n’existe pas mais nous avons trouvé le moyen de faire perdurer une image caduque d’un élève « dans une norme acceptable ».

Peut-être est-ce là un échec fondamental de notre scolarité française qui sous couvert « d’égalitarisme » condamne à la norme, à la moyenne au lieu de respecter véritablement la différence de chacun. Le décrochage a lieu par rapport à quoi, si ce n’est une barre moyenne minimale qui condamne implicitement celui qui est en dessous ou au-dessus à une marginalisation? Au lieu d’être des accompagnants, valorisant des acquis, ne devenons nous pas des juges culpabilisateurs, pointant les manques « par rapport à » la normalité.

La culture collaborative richesse de l’école finlandaise n’est pas très avancée en France. Les projets d’établissement ou d’école sont encore trop cadrés par un pilotage d’en haut, insistant sur les résultats. Les enseignants ont du mal a exprimé leur créativité parce qu’on leur fait tourner les yeux vers les multiples brevets ou attestations « obligatoires », eux mêmes nourris de programmes nationaux exigeants et normatifs. La politique locale de l’éducation n’est pas vraiment existante ou alors soumise à des possibilités budgétaires très variables et ciblée sur des axes déterminés par des traditions auxquelles d’autres localités ne peuvent accéder (culture, informatique, infrastructures sportives…).

En somme, ce qui a été une qualité indéniable du système français depuis l’époque inaugurale de l’école obligatoire (phase constructive), fondant un droit pour tous à l’égalité de l’accession possible à la connaissance est devenu paradoxalement  un handicap de l’histoire (phase de développement) de l’éducation puisqu’on a oublié la différenciation pédagogique en route et qu’on a gardé des structures administratives très centralisées, ignorant la déclinaison des particularités locales, liées à des populations en pleine mutation et des économies  fortement disparates selon les régions, et les crises économiques multiples qui ont bouleversé le paysage français. Pour faire court nous n’avons pas complètement perdu la pédagogie en route mais nous avons perdu les élèves parce que nos yeux étaient fixés sur leurs résultats mais non sur leur personne. C’est dans la construction et l’affirmation de la personne et de son équilibre que nous obtiendrons, à condition d’être vigilant et persévérant, des résultats avec nos élèves, tout autant qu’avec nos enseignants. La construction des apprentissages passent par une construction de la personne, les résultats ne sont donc que la conséquence, plus ou moins différée dans le temps d’actes fondateurs relationnels qui sécurisent l’élève et lui donne des clefs sur l’ouverture de son potentiel dans lequel nous ne sommes que des accompagnants « bienveillants », des dynamiseurs qui suscitent l’intérêt et la curiosité, des référents d’autorité, des pères qui sécurisent…Si la pédagogie n’était qu’une technique ou qu’une méthode, nous serions en tête depuis belle lurette des évaluations internationales; la vérité c’est que dès que l’humain s’en mêle, l’affaire devient autrement plus complexe: l’émotion est là, le contexte social et familial, affectif, physique…sont autant de paramètres individuels qui résistent à une « normalisation de l’élève ». Alors oui à une individualisation du parcours de l’élève, un socle commun large et un cadre institutionnel souple qui laisse aux enseignants la créativité dont ils ont besoin et la liberté de construire une relation privilégiée avec l’élève mais avec des moyens à la hauteur des ambitions que nous souhaitons pour nos enfants.

Pour conclure, très provisoirement sur ce sujet, je mettrai dans la suite de cet article des liens sur les réflexions de certains chercheurs sur la crise de la formation et son histoire dans le système français.

Je ferai également des propositions concrètes sur la formation, sachant qu’elles ne verront pas le jour avant ma retraite, mais je suis en droit de rêver…

Un reportage canadien sur le système finlandais qui donne le parfum de cette école.

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBFT/UneHeureSurTerre201112022100.asx

Un document de synthèse sur les réformes historiques et la complexité de l’évolution du système français d’éducation.

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Le point de vue d’un formateur engagé dans le système.

Formation des enseignants 

Un colloque sur l’évaluation des enseignants qui permet de mettre en relation des systèmes différents en Suisse, en France et ailleurs et devrait inspirer des évolutions notables pour l’avenir…

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D’autres idées en passant

Propositions pour une révolution scolaire adaptée au modèle français

Ce qu’il faudrait éviter de faire: Croire que les « réformettes » juxtaposées valent une refondation  globale et cohérente du système.

La volonté politique alliée à une concertation de tous les acteurs permettrait une assise démocratique réelle de la réforme nécessaire du système français d’éducation. On ne rattrape pas 40 ans de retard en claquant des doigts. Le principe d’une architecture   solide repose sur une construction méthodique dans un temps suffisant pour que chaque module s’agence avec harmonie.

Ce qu’il serait souhaitable de faire: Définir une politique à long, moyen et court terme sur une période de quinze ans en établissant un socle commun d’accords politiques sur l’éducation qui transgresserait les traditionnels revirements du « bipartisme » à la française, ses déconstructions, ses réformes de circonstances. Cette proposition nationale pourrait être soumise à l’approbation des deux assemblées et devrait être validée par un référendum  citoyen qui établirait ainsi sa pérennité.

Ce qu’il serait urgent de faire: distinguer le recrutement de l’accès à la professionnalisation. La réussite au concours serait dans ce cadre un préalable nécessaire mais non suffisant pour accéder progressivement au métier avec une conduite accompagnée, sur deux ans au moins, montant en puissance (stages d’observation, stages accompagnés en responsabilité , stages en autonomie complètes d’une journée à 4 semaines ou plus selon les moyens déployés)  jusqu’à la validation définitive permettant l’accès à la profession.

Des passerelles avec VAE et concours spécifiques pourraient permettre l’accès à la profession pour les volontaires n’ayant pas le niveau requis de départ mais qui pourraient justifier de leurs compétences avec une formation continue adaptée suite à leurs recrutements…

De la même manière le reclassement dans la fonction publique, l’orientation en cours de carrière ou la sortie du système devraient être simplifiés en ce qui concerne les procédures administratives.

Dans le cadre de la formation initiale et continue, un volume horaire annuel serait fixé pour chaque enseignant avec la possibilité de capitaliser ce dernier en vue de formations spécifiques ou stages de longue durée, intégrés au droit à la formation et au droit à la mobilité.

L’acceptation serait facilitée dans la mesure où le projet professionnel ou de mobilité permettrait une reconnaissance de capacité, une certification, ou un diplôme valorisant le personnel demandeur.

Le volume horaire de formation sur l’ensemble de la carrière ferait l’objet d’un décompte rigoureux (dû réellement), les enseignants pourraient y avoir accès sous une forme informatisée et modeler leur temps de formation selon leurs besoins et les demandes de l’institution selon des proportions à établir: temps contraints, temps choisis, temps de travail personnel ou de recherche…

Le travail collaboratif entre « apprentis » et enseignants en exercice serait encouragé lors de colloques d’échanges et de rencontres intégrés à la formation initiale et continue, y compris au sein des équipes d’école…

En fait au fur et à mesure que j’écris ces lignes de nombreuses idées me viennent, je ne pourrai pas toutes les donner, il faudrait parler de la place de la psychopédagogie, des profils psychologiques des enseignants et des élèves, des nouveaux outils et de leur impact possible sur les apprentissages, de l’égalité des moyens attribués aux écoles, des problématiques d’évaluations de leur validité…

Ce qui me parait évident c’est le fait que le système pyramidal français qui part du Ministre pour descendre jusqu’à l’élève n’est plus compatible avec l’évolution des systèmes d’apprentissages qui sont de plus en plus transversaux et horizontaux, les savoirs se communiquent plus vite, en plus grands flux, la révolution numérique n’est pas le seul avènement d’un outil, elle bouleverse le champ social et éducatif avec des réseaux qui peuvent autonomiser les individus et donc changer le rapport « maître/élève ». Il faudrait donc repenser la relation  » enseignant/apprenant » et interroger le présentiel par rapport au travail de recherche autonome, la didactique opère sans doute une révolution copernicienne que certains ont  encore du mal à accepter.

Il serait donc sage d’affronter l’avenir, non en masquant ses peurs mais en anticipant si possible et en accompagnant une révolution qui a déjà commencé. Tout cela ne se fera pas avec des experts uniquement mais avec la totalité des acteurs qui oeuvrent pour l’éducation. Imposer des réformes est possible mais pas souhaitable, le corps social ressemble étrangement au corps humain,  le rejet conditionne la réussite de la greffe. La France reste imprégnée de politiques individualistes et partisanes, elle doit découvrir la politique collaborative et citoyenne du partage, du bien commun, « du contrat social », l’éducation reste donc un chantier d’avenir, pourrons-nous le bâtir ensemble?

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ALTITUDES


Au fil de mes promenades: http://www.youtube.com/watch?v=EExRB7w6xBA

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Faune 1


http://youtu.be/TyZvo-vj94o

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Enquête sur le WEB, affaire de la rumeur sur un ministre pédophile, LANG ou DOUSTE-BLAZY.


A la suite de l’affaire DSK et de quelques autres venant toucher la classe politique française, la presse d’investigation a été mise à mal. On lui a reproché son manque de pugnacité, son suivi insuffisant…Les outils technologiques pourtant mis à sa disposition sont ceux que chacun d’entre nous possèdent désormais en majorité. Les ordinateurs, l’accès à internet, aux sites thématiques ou spécialisés, aux blogs d’individus engagés ou d’associations RUP ou non ainsi que les sites officiels gouvernementaux et les réseaux sociaux sont des mines d’informations qui bien recoupées permettent une vérification de certaines informations.

On peut être légitimement déçu de la manière dont certains médias ont traité certaines affaires, à la fois pris par le besoin de scoops et la concurrence, fixés sur l’audimat qui les oblige à relayer très rapidement des informations qu’ils n’ont pas le temps apparemment de vérifier. La différence est toutefois sensible entre le télévisuel et la presse écrite qui bénéficiant d’un temps et de modalités autres peut suivre un sujet plus longuement tandis que les écrans sont condamnés à une actualité quotidienne plus contraignante. Malgré tout nous sommes encore loin en France de certaines enquêtes journalistiques américaines qui ont fait tomber un président et révélé le côté obscur de l’assassinat d’un autre… Il serait temps de se mettre au travail dans certaines rédactions.

Deux exemples rattachés à l’affaire du ministre pédophile, colportée avec sincérité mais précipitation par un philosophe qui n’a pas montré l’exemple de sagesse qu’on devrait lui reconnaître peuvent vous encourager à devenir enquêteur sur le Web.

L’affaire FERRY démarre par une réactualisation d’une rumeur ancienne des années 80 sous l’air mittérandienne. J’ai donc mené l’enquête à partir des dires du philosophe et je suis rapidement tombé sur l’affaire de lieu de vie du Coral, affaire résumée par Wikipédia qui donne quelques liens et quelques noms JC KRIEF, Willy MARCEAU, Claude SIGALA ainsi que deux noms d’intellectuels MATZNEFF et SHERER. En remontant ces noms, on découvre que l’issue judiciaire (donc officielle puisque jugement  rendu) a été  plutôt favorable à la  plupart de ces personnes: KRIEF détenteur des révélations sulfureuses sur les pédophiles dont un ministre, un soi disant Goncourt, un rédacteur en chef et chroniqueur du Monde après avoir accusé, s’est rétracté (instrumentalisation politique?) et a fui en Israël. Marceau n’a pas été condamné au procès de 1986 et les photos détenues par lui ont été qualifiées « d’anodines et non perverses ». SIGALA après avoir été condamné avec sursis a été libéré rapidement. MATZNEFF et SHERER ont été mêlé à cette affaire parce qu’ils avaient pris position comme signataires  de manifestes favorables à des moeurs libres et pro-pédophiles (affaire Dugué, Duvert et « Gai-Pied ») mais n’avait aucun lien avec le Coral. Le capitaine BARRIL soupçonné d’avoir stoppé l’enquête pour contrecarrer la calomnie contre le PS a précisé que cette dernière avait duré de mai 82 à février 83.

Au total l’enquête que vous mènerez avec les quelques éléments que je vous donne et quelques liens que vous pourrez prolonger vous amèneront à la même conclusion que moi: rumeur colportée n’est pas preuve mais affaire soulevée mérite enquête et suivi approfondi. Le regret que l’on peut avoir sur l’attitude de Luc FERRY c’est le manque de courage d’aller au bout. Soit il sait effectivement des choses et il peut en apporter les preuves, soit il réchauffe un plat dont il ne connait pas le contenu et il se met en danger en lançant un pavé dans une mare qui n’aura de cesse d’apaiser la vague qu’elle vient de subir. Avant d’ouvrir sa bouche, il convient parfois d’étudier des dossiers de près et de prendre toute disposition sur son angle d’attaque face à l’adversaire. Je comprends  le dégoût de Monsieur FERRY pour l’horreur des réseaux crimino-pédophile et l’hypocrisie ambiante qui règne dans les allées du pouvoir à ce sujet mais sa stratégie n’a pas été suffisamment étudiée. Certaines associations travaillent depuis des années magnifiquement pour lutter contre ces fléaux sociaux, il aurait été judicieux qu’en collaboration avec elles et leurs avocats M.FERRY s’entoure de précautions avant ses divulgations qui n’ont été que partielles. Il faut des noms et des faits, des témoins ou des témoignages à charge.

Je note que peu de médias suivent cette affaire et qu’un silence de mort semble l’entourer. Y aurait-il quelque chose à trouver? Certainement, mais où sont nos Sherlock  Holmes français? J’attends avec impatience leurs billets…

A la suite de cette affaire, Jack LANG n’étant pas un accusé authentifié mais amalgamé pour ses prises de positions sur la liberté des moeurs, on a cherché à droite une cohérence avec les propos de Luc FERRY et le nom de DOUSTE – BLAZY ( lien avec RAFFARIN premier ministre possible)  est revenu à la surface avec une autre affaire bien connue, celle de la « Mamounia » (http://www.yabiladi.com/article-politique-894.html). Là aussi le sensationnel finit apparemment et sauf révélations ultérieures dans la triste banalité d’une dispute conjugale sans rapport avec des évènements pédophiles, très éloignée en date  de l’affaire du Coral et des propos de Luc FERRY qui sans précision laisse ouvert plusieurs possibilités et alimentent ainsi d’autres rumeurs. « Mais à toute chose malheur est bon » puisque cette pique a réveillé la conscience de certains et une justice un peu endormie (pas sous chappe?) ou simplement débordée par sa charge de travail. On attend la suite si un jour il y en a une…

La leçon de tout cela c’est que des faces cachées du pouvoir n’apparaissent pas facilement et que si des enquêtes sérieuses étaient menées par des investigateurs inlassables, nous aurions sans doute mis un point final à certaines rumeurs et dévoilé d’autres vérités que nous ne connaissons toujours pas.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Coral

http://droitfondamental.eu/007-Coral___fr.htm

http://zandvoort.morkhoven.org/wordpress/?p=333 un lien en rapport avec les secrets d’Etats (écoutes téléphoniques de l’air Mitterrand mais sans rapport direct avec l’affaire du Coral bien que cette dernière soit mentionnée comme un dossier sensible pour l’Elysée. Un exemple édifiant sur le pouvoir et son contrôle.

Pour finir très provisoirement, en cherchant plus avant, j’ai appris que Hubert VEDRINE avait été domicilié, pour des raisons électorales chez le curé GLENCROSS (http://droitfondamental.eu/007-TORO-BRAVO-FR.htm), lui-même ami du pasteur Doucé dont on connaît la fin (assassiné); que Matzneff et Shérer avait témoigné en faveur de Dugué  qui connaissait un certain Dutroux… mais ne perdez pas votre temps à chercher ZANDWOORT ou TORO BRAVO comme moi, vous n’apprendrez rien que ce que nous ne sachions déjà: l’homme peut toujours plonger dans l’horreur.

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JAPON: pas Tchernobyl mais…l’homme oublie, la terre s’en souvient encore.


 Nouvelles fraiches: 11_07_07_cp_fukushima

D’abord nous sommes les moins bien placés pour juger et évaluer ce qui se passe sur place. Comment se rendre compte en effet du traumatisme occasionné par un tel évènement. J’ai apprécié certaines interventions de personnalités françaises qui ont salué la dignité avec lequel le peuple japonais a fait face. Avant de se poser des questions sur notre politique nucléaire (engagée et validée par de nombreux gouvernements depuis quarante ans) notre premier réflexe devrait être une certaine empathie, une compassion naturelle envers ces populations qui seront sans doute touchées pendant quelques dizaines d’années dans leur santé, du fait de la radio-activité et de ses conséquences.

Bien sûr  le monde entier est interpellé sur ses actes politiques  et les questions de la production de l’énergie et de nos choix plus ou moins maîtrisés vis à vis de notre planète se posent mais l’urgence reste l’aide aux populations, l’aide technique internationale, l’analyse des données et les conclusions à tirer pour le futur.

Le basculement énergétique propre, hors nucléaire n’est pas pour demain mais il peut s’amorcer par une volonté politique et un investissement massif dans la recherche et les solutions viables et éprouvées. Dénucléarisé reste possible mais sur un long terme pour conserver des capacités énergétiques qui si elles peuvent se réduire, par une vigilance et une conscience de chacun, sont soumises à la poussée de la consommation de certains industriels qui eux aussi devront repenser leurs concepts de produits et d’offres, leur manières de produire les biens en quantité et selon des qualités qu’il faudra repenser.

La chasse aux gaspillages, la réduction de consommations inutiles d’énergies doivent permettre aux nations de prendre conscience qu’un changement de mentalité est nécessaire. Le Japon de manière accidentel nous le rappelle, allons -nous entendre la voix de la raison et de la conscience? A défaut, il faudra assumer des choix qui pourraient mener à notre propre disparition ce qui ne serait pas la preuve de notre intelligence supérieure ni même celle de notre maîtrise technique des éléments et ressources qui nous entourent. Les apprentis sorciers ne sont pas seulement des laborantins, les politiques enthousiastes qui ont suivi la naissance de l’ère industrielle ont eu du mal à construire une éthique, à avoir un retour réflexif sur leurs pratiques, nous sommes dans « les générations de l’addition », la note pourrait être lourde, à nous d’infléchir le cours des choses.

Dans tout évènement d’importance, à l’ère de l’information directe et instantanée, les sources restent à contrôler. Lorsque l’évènement s’éloigne, les constats prennent une couleur plus objective. Alors le Japon, pas Tchernobyl certes mais…l’homme oublie, la terre s’en souvient encore.

Depuis 1986 un autre regard est possible et si vous ne réalisez pas quel peut être l’impact d’une pollution nucléaire sur notre bonne vieille croûte terrestre, je vous propose plusieurs documents publiés sur le site du CRIIRAD (lien dans le Blogroll) et des documents plus récents sur le Japon sachant que le panache du nuage et ce qu’il en reste passera sur la France mercredi ou jeudi. S’arrêtera t-il à nos frontières comme à l’époque de Tchernobyl, mystère mais regardez bien les cartes de la France de 1999 et 2000, 14 ans après l’explosion de la centrale, instructif…

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JAPON accident nucléaire

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Marine Le Pen: la peur des sondages ou le sondage de nos peurs.


Quelle gloire et quelle assurance peut-on tirer de sondages favorables à plus d’un an des élections présidentielles. A vrai dire bien peu si on se plonge dans l’historique de ces prévisibilités et de la réalité inscrite des résultats par le ministère de l’intérieur. Plus les échéances sont éloignées plus les sondages courent les risques de s’éloigner d’une opinion qui de plus en plus fixe ses préférences dans les dernières semaines,voir les derniers jours en fonction des rapports de force des partis et des candidats déclarés. De plus l’instrumentalisation stratégique de ces sondages commence à être connue des français.

L’intox ou désinformation fonctionne donc encore mais dans une moindre mesure. La récupération par les partis en présence est faite de stratégies complexes allant du déni à l’exagération ou la caricature; difficile pour le commun des mortels de croire à une lisibilité prédictive. Bien souvent donc les votants sont ramenés par un tel processus à cristalliser et renforcer leurs convictions fondamentales et donc les plus sûr d’entre eux rassemblent ainsi leur force autour de la personnalité qui leur semble la plus crédible pour exercer la fonction suprême de l’Etat.

Celui ou celle qui sur ce long chemin pavé d’embûches pense détenir un quelconque trésor de guerre se voit parfois fort dépourvu lorsque la chaude bise démocratique  souffle sur les candidats relevant la tête trop haut et trop vite. Les exemples récents de Lionel JOSPIN ou d’Edouard BALLADUR devrait tempérer les enthousiasmes et ce d’autant que leur potentiel de voix était autrement plus important que celui de notre chère Marine.

Alors oui ce sondage révèle bien quelque chose  de la politique française mais pas ce que certains essaient de nous faire croire. C’est l’insécurité fondamentale des français et l’éclatement de l’opinion qui ne se reconnaît plus dans les démarches traditionnelles des partis qui s’exprime. Hors Marine est dans la plus pure tradition des partis. Le bénéfice revient de manière très temporaire aux extrêmes par défaut mais la correction sera sans doute assez forte dans les mois qui viennent. Aussi les nouveaux partis, EELV, le Nouveau Centre, Le Parti de Gauche et d’autres minorités comme République solidaire sortiront vraisemblablement renforcés par cette expression de la peur française pour une classe politique qui depuis quelques années et plus encore ces derniers mois a défait elle-même sa crédibilité dans des affaires qui augmentent le gouffre entre la classe dirigeante et son électorat de base, le peuple puisqu’il faut l’appeler par son nom ( qui n’est pas la peste) ni ce gros mot que certains n’osent plus prononcer.

Les français sont les spécialistes du rattrapage de la démocratie, ils savent pousser à bout leurs dirigeants mais hésitent toujours à enfoncer le clou dans une patrie qui a déjà connu plusieurs terreurs et des régimes d’occupation qui ont laissé, je le crois, une sainte horreur des dictatures et des systèmes trop policés, trop droits, trop propres, trop bien sous tout rapport.

Il y a bien une conscience française de la démocratie et de la liberté et cette dernière est loin d’être superficielle, elle est ancrée dans son histoire, le sang impure de la marseillaise n’est pas, n’est plus, celui de l’étranger et de l’ennemi envahisseur que nous accueillons mais bien plutôt celui de ceux qui tentent de l’intérieur aussi de nous voler cette liberté si chèrement payée…Parfois l’ennemi est dans la place…Le vers est capable de tuer le fruit et de pourrir le plat entier de pommes qui se touchent.

Alors oui le sondage n’a pas été nul, la sonde a exploré une part inconsciente de nos peurs face au danger de la dictature ou d’un régime trop fort pour déléguer un espace de liberté nécessaire à notre vie quotidienne. Mais le côté positif de la sonde c’est qu’elle est allée fouiller dans nos entrailles les vérités qu’on osait pas dire et la confusion dans laquelle nous sommes parfois face à l’évolution sociale et mondialiste, la crise financière, la montée des communautarisme, le changement des équilibres religieux dans l’hexagone…

Exprimons franchement nos peurs, dialoguons, construisons le débat démocratique et donnons l’occasion aux partis les plus crédibles, les plus novateurs, les plus humains et les plus réalistes de se jouer de sondages perçus comme négatifs et qui ne demandent qu’à être démentis par une pédagogie et une conscience de réplique adéquate. Notre avenir n’est donc pas dans les sondages, il reste à inscrire dans la réalité par nos décisions et nos votes. En cas de danger, le sursaut démocratique s’imposera et le candidat de la liberté devra être porté par tous, celui de l’esclavage restera donc avec ses paroles et ses promesses dans une position peut-être moins glorieuse que celle qu’il se vante ou qu’on le vante d’avoir aujourd’hui…Oui je pense que les français sont fondamentalement démocrates et qu’il s’en souviendront au jour « J ».

Dans le cas contraire, nous dirons que la souffrance a certaine vertu et qu’une bonne fessée est parfois nécessaire pour réveiller les consciences.

Finalement la vrai question du sondage sur Marine Le Pen n’est pas de savoir si les français la souhaite à la tête de l’Etat mais bien plus profondément : Les français sont-ils sado-masochistes, veulent-ils avoir mal à leur petite fesse rose, dodue et démocratique?

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Tunisie: quelles leçons pour nous ?


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Les évènements de Tunisie ne m’ont pas laissé indifférent comme un grand nombre de Français qui ont pris plaisir à voyager dans ce beau pays, si proche. J’y ai quelques souvenirs laissés dans la médina et à Sidi Bou Saïd alors que ma fille avait un an à peine et que cette petite blonde aux yeux bleus était regardée avec beaucoup d’admiration par les passants dans les rues de Tunis. Je partage donc ici quelques sentiments et donne le point de vue d’un français parmi d’autres, sans chercher une analyse exhaustive mais en produisant un billet d’humeur, après avoir laissé les réactions se faire jour dans les médias et les réseaux sociaux auxquels certains d’entre nous appartiennent.

Laissez-moi d’abord saluer le courage démontré d’une conscience populaire qui ayant subi une domination ou s’étant accommodé d’une situation, se laissant endormir par elle, a su réagir sainement en se réappropriant un pouvoir confisqué par des urnes qui ne sont quelquefois qu’un alibi démocratique qui renforce le pouvoir dominant ou les dictatures déguisées.

Prenons conscience également en France que ce soulèvement a été rendu possible par un niveau d’éducation affirmé et une culture de la société tunisienne qui  n’est plus à démontrer. Les gens qui ont les capacités de réfléchir seraient-ils plus sensibles à la notion de justice sociale que ceux qu’on tient dans l’ignorance ?

La richesse du réservoir d’étudiants  de chercheurs et de professeurs tunisiens qui rayonnent en dehors de leurs pays est certainement un signe de l’ouverture qui se dessine depuis plusieurs années dans ce pays. La confrontation à d’autres civilisations et cultures a certainement permis une prise de conscience sur le sens du mot liberté en même temps que la définition du mot « joug » ou contrainte s’éclairait sans doute.

 

Première leçon que beaucoup de pouvoirs politiques oublient vite en période de paix sociale relative ou contenue, le peuple est souverain et peut parfois d’une manière inattendue et violente casser des systèmes policés bien en place au risque d’y laisser des vies. Le désespoir est un moteur puissant de la révolte parce que l’individu qui veut garder sa dignité fera tout pour la  défendre. Lorsque le sujet est écrasé par les contraintes, n’a plus les moyens de vivre décemment ou de pourvoir aux moyens de subsistances élémentaires pour lui et sa famille, la loi cesse d’exister. La survie devient plus importante que la vie.

Deuxième leçon: Le mensonge finit par tomber. Les fausses démocraties, les oligarchies déguisées, les dictatures larvées produisent sur le long terme des germes qui détruisent leur propre système. Notons au passage qu’il n’y a pas que dans la politique mais aussi en économie que ces auto-destuctions existent, la crise du capitalisme et du libéralisme économique actuel semblent bien l’illustrer.

Bien sûr doit être débattu derrière, la notion de représentativité, d’élection, de suffrage, de vote. La confiance que le peuple accorde au départ à un gouvernement doit être révisable par un système de remise en question régulier de la légitimité du pouvoir exécutif. Les élections législatives en France, les sénatoriales, les communales, le suffrage universel permet sans doute en France un certain équilibre. Il ne faudrait cependant pas idéalisé l’hexagone, des abus notoires, des corruptions, des conflits d’intérêts concernent notre classe politique de droite ou de gauche. La démocratie « à la française » est un long processus historique qui passe par une révolution sanglante, deux conflits mondiaux et d’autres guerres annexes qui ont laissé quelques traces sur notre sol. Plus récemment mai 68 a montré que dans un pays en mutation, des mouvements protestataires  impulsaient des changements plus profonds qu’il ne paraissait et que ces mouvements pouvaient avoir lieu dans un espace démocratique établi.

Troisième leçon : La politique doit être efficace et réaliste, il faut obtenir des résultats. Passé le temps des promesses, la confiance des sujets envers les gouvernants décroît proportionnellement à leur incapacité à traiter les problèmes fondamentaux de la société dans laquelle ils vivent. Les manipulations médiatiques, la désinformation orchestrée finissent par arriver en bout de course. La réalité du quotidien rattrape les discours inutiles de ceux qui veulent vous faire prendre « des vessies pour des lanternes ».

Quatrième leçon: Les solutions de sortie de crise appartiennent davantage au forces internes du pays qu’aux influences externes qui encouragent ou empêchent l’action de ce dernier. Il y a encore une impulse « nationale » qui ne peut s’assimiler à un contrôle international même si le pays qui s’affranchit devra se positionner plus tard dans ce contexte de la mondialisation.

Je finis par quelques remarques et salutations à mes amis tunisiens.

La politique française à l’égard de la Tunisie a été comme toute politique diplomatique au niveau internationale, à la fois bienveillante et parfois plus réservée. Cette ambiguïté n’est pas propre à la France. Dans le cadre des rapports bilatéraux entre pays, il est bien connu que les contacts officiels ne sont pas des approbations de fait des politiques menées dans chacun des pays représentés. Ces rapports rentrent dans le cadre de rapport « normalisés » dans le contexte international, ils se veulent non ingérents (même s’ils ne le sont jamais tout à fait) pour préserver les échanges économiques et culturels. Si les pays en phase démocratique devaient intervenir continuellement pour démontrer à des régimes despotiques ou dictatoriaux ce qu’il convient de faire, non seulement ces derniers résisteraient et renforceraient leurs moyens de coercition envers les populations mais nous serions dénoncés nous même comme des despotes cherchant à imposer des modèles que nous ne parvenons à appliquer qu’en partie et sans doute imparfaitement dans notre propre pays.

La démocratie française s’est construite dans un contexte historique complexe et sur fond de civilisation judéo-chrétienne, la démocratie « à la tunisienne » sera unique elle aussi et nous aurons bientôt encore plus de chose à partager et d’échanges à multiplier entre nos peuples. Aucune démocratie n’est un modèle mais il doit y avoir le plus grand nombre possible de tentatives afin que nous réduisions les effets pervers des systèmes politiques que nous engendront. Toutes mes pensées amicales vont vers ce peuple qui commence une grande aventure, il est seul responsable de son avenir. Les autres nations ne sont que des accompagnateurs, des opposants, ou des spectateurs à ce qui doit être la principale responsabilité du peuple tunisien: construire son espace démocratique dans l’indépendance sans négliger ses amis, sans se faire voler les acquis du mouvement par des pouvoirs fantoches ou faussement réformistes.

Bon courage mes amis.

 

 

 

 

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Provoquer la chance pour 2011 et la suite de notre vie.


Inscrire son destin dans un certain bonheur, qui n’en rêve pas? Se reposer pour jouir d’un travail mené à son terme et en tirer une satisfaction légitime, comment ne pas y penser? Nous sommes souvent jaloux du bonheur des autres, de l’herbe plus verte du pré d’ à côté. Mais entre le rêve et la réalité, l’écart semble parfois tellement large qu’il semble nous pousser vers une certaine désespérance et certains états morbides ou dépressifs en tout cas bien noirs…

Philippe GABILLET nous propose une approche pragmatique et réaliste du phénomène de la « Chance ». A l’opposé des tenants de l’irrationnel et du hasard, il propose d’approcher cette notion par le biais de la construction de l’opportunité dans un milieu, des rencontres et des réponses à des demandes plus ou moins favorables. Il n’occulte pas la malchance mais tente de bien cerner la responsabilité de l’individu dans ses choix.

Au final, ses réflexions m’ont conduit à formuler quelques pistes et remarques complémentaires que vous lirez après avoir écouter, éventuellement plusieurs fois, sa vidéo.

Bravo d’abord à Philippe GABILLET de se lancer sur un sujet aussi délicat et passionnant. Je constate que le mot chance conoté d’irrationnel et de subjectivité est ramené par l’auteur dans le champ de la rationnalité, à l’intérieur de la sphère de l’activité humaine.

Le trio, talent, travail, chance fonde la réussite concrète d’un projet. Le hasard est évacué comme trop abstrait. En avoir ou ne pas en avoir n’est pas signifiant parce que c’est le sujet par sa place dans l’espace/temps qui détermine la liaison avec ce qui apparaît comme une opportunité objective. Il est au bon endroit au bon moment, il est responsable de ses choix. La chance est donc une compétence à travailler, sans doute une compétence de « navigation » et « d’intuition » qui permet à l’individu de créer un environnement favorable autour de lui, environnement qui lui permet de gagner des concours de circonstances ( la croisée des chemins), de déclencher ces fameuses opportunités dans lesquels nous rentrons parce que nous les quêtions. Une bonne demande avec les bonnes personnes au bon endroit maximalise  le potentiel de l’opportunité à laquelle nous pouvons répondre. Il faut donc sortir de la routine et des systèmes fermés pour accéder aux opportunités nouvelles. Ouverture, disponibilité, vigilance, création de réseaux et de liens, transformation des échecs comme matière à rebondir, anticipation et projection sont les maîtres mots qui permettent la rencontre de ces opportunités. L’individu devient, dans l’environnement qu’il a trouvé ou su créer, une opportunité relationnelle lui-même qui réalise ses objectifs.

Cette vision pragmatique sur la réussite que d’autres appellent chance est complètement fondée dans une perspective centrée sur le sujet comme acteur. Son seul défaut serait de ne pas faire une part aussi belle à la surprise ou à l’inattendu. Car même dans la non-action des choses se passent. Elle marque bien le chemin de l’homme responsable vers les circonstances mais passe un peu sous silence que les circonstances viennent parfois rencontrer l’homme sans que celui-ci n’est du moins apparemment agi fondamentalement. La « magie », j’oserais dire la beauté de l’exceptionnel est peu quantifiable, la découverte est par définition nouveauté au sens d’apparition. Je peux découvrir les autres et le monde mais parfois c’est le monde et les autres qui me découvrent et viennent à ma rencontre. Je ne suis pas seulement acteur mais spectateur ou plus précisément acteur/contemplateur. Parfois l’amour, la richesse, la maladie, la mort… viennent à ma rencontre et me bouleversent. Je ne les ai pas cherchés mais ces choses me sont données, nous sommes alors plus près de la Grâce que de circonstances analysables ou de circonstances que nous chercherions désespérément. Qui court derrière la maladie et la mort ou la pauvreté, quelques fous et irresponsables certes…ils ont sans doute leur rétribution; mais pour les autres je n’irai pas dire qu’ils sont acteurs et responsables de leurs maux, on peut être victime des circonstances.

Reste qu’on peut encore les transformer et que la Vie même nous invite souvent plusieurs fois à le faire. La liberté de chacun est d’y répondre ou non c’est cela notre responsabilité.

En choisissant les circonstances de ma vie, je choisis de naviguer dans les « possibles » qu’elle m’offre mais je pense qu’il serait prétentieux de croire que je la gouverne absolument. L’exceptionnel et l’inattendu, les surprises qu’elle me réserve fonde sa beauté et la magie de sa découverte. La projection est dynamique car elle est « entre le déjà et le pas encore », la programmation peut devenir ennuyeuse… j’ai un défaut, j’aime être surpris…

 

 

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Vatican: pas de fumée sans feu.


Dans l’article « Des problèmes dans l’Eglise » j’avais abordé le sujet délicat pour l’Eglise catholique du rapport de certains de ses ministres avec la sexualité. Force est de constater en lisant ces trois informations recoupées qu’il semble bien y avoir un problème spécifique sur cette question du fait d’une politique interne « discutable » par rapport notamment au célibat institué par la hiérarchie vaticane. La fumée serait-elle plus proche d’un feu ?

On se réjouira d’une réaction plutôt saine d’une réflexion de la hiérarchie (même tardive) mais le débat de fond va t-il être abordé pour rassurer les citoyens de toutes nations qui confient leurs enfants à cette éducation dont l’essence spirituelle serait de ne pas être entachée de perversité ?

Le Vatican concocte un manuel anti-pédophilie à l’usage de ses évêques

Les évêques du monde entier devraient bientôt recevoir du Vatican des directives pour lutter de façon « coordonnée » et « efficace » contre la pédophilie au sein du clergé.

AFP – Le Vatican prépare « une circulaire » aux évêques du monde entier avec des directives pour « un programme coordonné et efficace » contre la pédophilie au sein du clergé, a annoncé le Saint-Siège vendredi à l’issue d’une réunion de l’ensemble des cardinaux.

Au cours d’une journée de « prière et de réflexion » à la veille du consistoire, le cardinal William Levada a fait devant ses pairs le « point sur la législation canonique concernant le délit d’abus sexuel sur des mineurs », a résumé le Vatican dans un communiqué.

Le cardinal Levada a indiqué qu’ »une lettre circulaire serait envoyée par la Congrégation aux conférences épiscopales (ndlr, l’ensemble des évêques), comportant des directives pour un programme coordonné et efficace » contre la pédophilie, précise le texte.

Le cardinal Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (« ministère » chargé de ces questions), a évoqué « l’exemple » du pape sur « l’écoute et l’accueil des victimes », et « a parlé de collaboration avec les autorités civiles » et « de l’attention qui doit être portée dans la sélection et la formation des futurs prêtres et religieux ».

Au cours de la discussion qui a suivi cette présentation, « il a été suggéré d’encourager les conférences épiscopales à développer des plans efficaces, articulés, complets de protection des mineurs », « y compris dans les pays où le problème ne s’est pas manifesté de façon dramatique comme dans d’autres ».

Depuis la révélation il y a un an de centaines d’abus pédophiles commis en Irlande, des scandales similaires ont éclaté aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d’Europe, dont l’Allemagne, pays natal du pape.

Interrogés sur la teneur des travaux des cardinaux, qui se sont déroulés à huis clos, le cardinal français André Vingt-Trois avait annoncé en début de soirée que certains d’entre eux avaient suggéré « d’aller voir ce qui se passe » hors des pays occidentaux.

http://www.france24.com/fr/20101119-saint-siege-envoie-directives-anti-pedophilie-eveques-vatican-clerge

Vatican : La pédophilie au menu d’une réunion de 150 cardinaux 
Les cardinaux du monde entier se sont retrouvés vendredi 19 novembre 2010 autour du pape Benoît XVI afin d’évoquer pour la première fois, la ‘réponse de l’Eglise’ face à la pédophilie dans le clergé. Une réunion de réflexion et de prières à laquelle participaient 150 cardinaux.

C’est l’ampleur du problème, c’est-à-dire le nombre de prêtres pédophiles au sein de l’église, qui a contraint le Vatican à s’emparer de cette question. Les crimes remontent parfois aux années cinquante. Le scandale a d’abord éclaté aux Etats-unis, dans les années quatre-vingt-dix, puis au Canada et en Irlande.

Aux Etats-unis, 4 400 prêtres ont fait plus de 11 mille victimes en 1950 et 2002. En Irlande, on recense plus de 15 mille victimes de prêtres pédophiles. Dans ce pays très catholique, l’éducation était presque exclusivement entre les mains de l’église qui avait un rôle tellement important dans la société que ‘la pédophilie des prêtres’ était tout simplement impensable. Les affaires étaient systématiquement étouffées et les prêtres pédophiles simplement déplacés d’une institution ou d’une église à une autre.

C’est bien ce qui est reproché au Vatican, plus que sa passivité face au problème, une volonté de cacher les crimes pour préserver la réputation de l’institution toute entière. D’autre part, des évêques ou des congrégations comme les Légionnaires du Christ ont été impliqués et le Vatican n’a pas traité ces affaires comme elles le méritaient. Il faut pourtant reconnaître des positions courageuses prises notamment par le cardinal Ratzinger dès les débuts des années quatre-vingt-dix.

Mais il n’a pas été suivi par la curie romaine. C’est-à-dire par l’administration papale. Il faudra attendre dix ans pour qu’une lettre du pape Jean Paul II, adressée aux évêques, parle de ‘délit grave’. Elle va marquer un tournant. L’époque du déni est terminée et sous la houlette de Benoit XVI, ex-cardinal Ratzinger, l’Eglise va commencer à coopérer avec la justice.

Qu’est ce que les victimes des prêtres pédophiles peuvent attendre de ce consistoire ?

Des victimes ont manifesté justement, vendredi 19 novembre 2010, à Rome, à l’occasion de la réunion des évêques. Elles estiment qu’il ne suffit pas de dénoncer et que le Vatican n’a pas pris assez de mesures pour protéger les enfants. Elles réclament plus de coopération avec la justice et notamment que les évêques remettent à la police et aux tribunaux les dossiers personnels de religieux accusés de mauvais traitements sur des enfants. Ce qui est déjà le cas par exemple à Dublin, en Irlande, mais cela provoque un débat au sein de l’église.

En réalité, une fois le voile levé sur ces scandales, l’Eglise n’a pas vraiment d’autre choix que d’aller jusqu’au bout, et c’est douloureux. Il y a une culture du pardon au sein de l’Eglise et les pédophiles sont souvent des hommes âgés, mais elle est désormais obligée se pencher sur le sort des victimes qui a été si longtemps nié. La seule chose qui était vraiment claire, c’est qu’il fallait protéger l’Eglise, les victimes si longtemps oubliées étaient priées comme les prêtres de se taire pour ne pas faire de tort à l’Eglise. En 2010, le Pape Benoît XVI a remis les choses en place en déclarant que la plus grande persécution de l’Eglise ne venait pas d’ennemis extérieurs mais naissait du péché de l’Eglise.

Alors que peut-on finalement espérer aujourd’hui du Vatican ?

En réalité peu de chose. Le Vatican tente de rassurer et de rassembler des fidèles déboussolés par ces affreux scandales. Le Vatican dénonce aujourd’hui les crimes qui ont été commis et prône la transparence et la coopération avec la justice à l’échelle locale mais il refuse de répondre directement devant les tribunaux. Pour de nombreuses victimes des prêtres pédophiles, c’est intolérable, car pour eux, ce ne sont pas seulement des hommes, mais des prêtres qui ont failli, et avec eux toute l’institution. Pour le Vatican, reconnaître sa responsabilité devant les tribunaux, cela voudrait dire indemniser les victimes. Un pas que même Benoit XVI, jusqu’à maintenant, ne semble pas prêt à franchir.

Source: Rfi.fr

Le Vatican prépare des directives anti-pédophilie pour tous les évêques

De Michèle LERIDON (AFP)

CITE DU VATICAN — Le Vatican prépare une lettre pour les évêques du monde entier contenant des directives contre la pédophilie dans le clergé, a annoncé vendredi le Saint-Siège après une réunion de cardinaux qui a déjà suscité la vive « déception » d’une association de victimes.

L’ensemble des cardinaux de la planète avaient été conviés par le pape Benoît XVI à une « réunion de prière et de réflexion » sur plusieurs thèmes, dont, pour pour la première fois, celui des abus sexuels commis par des religieux.

A l’issue de cette rencontre, le Vatican a indiqué qu’il préparait « circulaire » aux évêques du monde entier avec des directives pour « un programme coordonné et efficace » contre la pédophilie dans le clergé.

En exposant le sujet devant ses pairs, le cardinal William Levada a pris l’exemple du pape pour « l’écoute et l’accueil des victimes » et mis l’accent sur « la collaboration avec les autorités civiles » et « l’attention dans la sélection et la formation des futurs prêtres et religieux ».

Au cours des débats, des cardinaux ont suggéré d’ »aller voir ce qui se passait » dans les pays du Sud, selon les termes du cardinal français Jean Vingt-Trois, alors que les scandales révélés ces douze derniers mois ont éclaté en Europe et aux Etats-Unis.

« Malheureusement, nous sommes toujours dans l’attente (de nouvelles mesures) et les enfants sont encore vulnérables », a aussitôt réagi l’Association américaine de victimes SNAP.

« Nous n’avions pas beaucoup d’espoir sur cette rencontre car ces hommes d’église sont les mêmes qui ont ignoré et caché, et continuent d’ignorer et cacher, les crimes horribles contre les enfants », a ajouté l’association, qui espérait toutefois que « la hiérarchie catholique relève le défi » et « prenne de véritables mesures », comme la remise à la justice de tous les prêtres coupables.

Dans la journée, une poignée de victimes avaient protesté devant la presse place Navone à Rome en brandissant leurs photos d’enfance. « J’ai été ravagée sur le plan psychologique, je suis hantée chaque jour par ce qui s’est passé », a raconté à l’AFP Lucy Duckworth, une Britannique qui avait tout juste cinq ans lorsqu’elle a subi pour la première fois les sévices d’un prêtre.

Un peu plus tôt dans la presse, le cardinal mexicain très conservateur Javier Lozano Barragan, interrogé sur ces abus avait lancé : « Je suis fatigué qu’on en parle, j’en ai par dessus la tête… C’est une vraie tempête médiatique ».

Au cours de cette réunion à laquelle participaient quelque 150 cardinaux, parmi lesquels les 24 nouveaux qui ne recevront leur « barrette » (toque) pourpre que samedi, le thème de la liberté religieuse a occupé une large place.

Un thème d’une brûlante actualité après le massacre de 44 fidèles et de deux prêtres, commis en pleine messe le 31 octobre dans la cathédrale syriaque catholique de Bagdad par un commando d’Al-Qaïda qui a décrété les chrétiens « cibles légitimes ».

La condamnation à mort pour « blasphème » d’une chrétienne pakistanaise, Asia Bibi, suscite de même l’inquiétude du pape qui, de façon inhabituelle, a réclamé cette semaine sa libération pure et simple.

Mais vendredi Benoît XVI s’est plutôt attaché à dénoncer une nouvelle fois la laïcisation accélérée des sociétés occidentales qui risque de « détruire la liberté religieuse en se proposant comme une vraie +dictature+ ». Et le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, s’est même inquiété d’une montée de la « christianophobie » dans le monde, selon l’un des participants.

Les « princes de l’Eglise », qui ont déjeuné avec le pape, ont abordé d’autres thèmes, comme la conversion des anglicans au catholicisme.

Samedi, au cours d’un consistoire, le pape consacrera 24 nouveaux cardinaux, dont 20 électeurs au sein du collège appelé à désigner un jour son successeur.

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Poésie 3


Montalibord, le busard, le bois français

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Pas de diplomatie avec les notes. Wikileaks dans le collimateur international des pouvoirs.


Les rues n’ont plus de recoins, plus d’angles morts
Ça facilite les rapports de force
Il n’y a plus d’amoureux, plus de bancs publics

Nous sommes éternellement bronzés
Notre vocabulaire est réduit à 50 mots
Nous branchons nos sexes dans le secteur
Et nos spermatozoïdes sont calibrés et placés dans des banques
Ils servent de monnaie d’échange aux eunuques qui nous gouvernent

Notre société d’abondance fait merveille, il n’y a plus qu’un classe
Quoiqu’en y réfléchissant bien il y en a une autre
Mais il est déconseillé de réfléchir

Extrait de « La grande marée » chanson à réécouter de Bernard Lavilliers (Le stéphanois 1975) qui en dit long sur la liberté citoyenne et son rapport avec le pouvoir.

http://www.youtube.com/watch?v=-5qvOF-3Mq8

Si je peux comprendre la notion de sécurité intérieure et internationale, la vraie question soulevée par cette affaire dépasse ces enjeux. Les pouvoirs entre position officielle affichée et réalité de position interne ne donnent-ils pas une image idyllique des forces en présence. La diplomatie doit-elle être plus transparente ou au contraire plus secrète? En nous cachant certains aspects des rapports entre nations, ne laissons nous pas les citoyens dans une ignorance infantilisante et irresponsable, respecte t-on le vote de confiance (donc de vérité et de transparence) qu’ils ont donné à leurs élus?

Le pouvoir aimerait-il ses zones d’ombres? Peut-il s’affranchir d’une corruption quasi institutionnalisée? Les questions que posent Wikileaks et son responsable Assange sont plus pertinentes que la validité d’un mandat international de recherche lancé contre un homme qui ne fait que mettre au grand jour ce que beaucoup savaient ou soupçonnaient déjà.

De plus les objectifs déclarés du site (que les maniaques de l’espionnage et du contre analyseront avec leurs filtres) et de son directoire ne sont pas sans volonté éthique.

Evidemment la menace de déstabilisation internationale aura « bon dos » et les défenseurs « de secrets » sortiront triomphant d’une joute dont l’issue paraît bien claire.

http://www.rue89.com/2010/10/23/wikileaks-sort-400-000-documents-de-la-sale-guerre-dirak-172818

http://piratages.wordpress.com/2010/12/04/wikileaks-une-verite-insoutenable/

Certaines têtes pensantes parlent de dictature de la transparence espérant préserver un  duo fort connu qui définit la sphère publique et privée. Ignorent-ils ou font-ils semblant d’ignorer que « big brother » est à l’oeuvre depuis longtemps, que nos comptes bancaires sont finement analysés, nos dépenses recensées, nos profils ajustés, nos conversations et nos ordinateurs décryptés, que les RG font depuis longtemps un travail de fourmi, à la fois pour informer, sécuriser, anticiper, prévoir…en servant l’Etat qui protège ses citoyens mais qui du fait même de cette emprise peut, s’il ne reçoit pas de limites démocratiques, contraindre, influencer, enfermer, torturer, contrôler, tuer.

Est-ce dans la transparence et la lumière que les choses les plus viles se trament sans qu’on puisse d’aucune manière les combattre alors qu’elles s’offrent à l’adversaire en plein jour?

Ou la perversion n’est-elle pas de faire croire, dans un monde apparemment lisse et beau, que tout est bien dans le meilleur des mondes possible alors qu’en secret les turpitudes les plus pernicieuses manipulent, asservissent et jouent avec les hommes comme avec des pions dont l’existence n’a de valeur que celle que le pouvoir veut bien lui accorder.

Comment combattre un ennemi invisible ? Si nous sommes à découvert nous nous exposons au feu de l’ennemi,  si donc nous nous cachons comme les autres nos stratégies peuvent donc être sur un pied d’égalité, l’ombre apparaît donc l’ultime solution parce qu’elle est le terrain choisi par certains qui entraînent les autres à les suivre.

Il faudrait beaucoup de courage pour venir combattre en pleine lumière et beaucoup d’individus, de groupes, d’états sont dans la crainte d’apparaître tels qu’ils sont. Il est des images qu’il faut défendre. Craindre quoi si ce n’est des vérités sur nous mêmes et les autres ? C’est la question de l’assumation qui est derrière la problématique de Wikileaks. Dans la mesure où nous assumons ce que nous sommes et ce que nous faisons, qui pouvons nous réellement craindre ? Certains héros  du passé ont répondu : même pas la mort…

Il est donc des choix éthiques qui nous mènent à prendre position : dans quelle partie du monde souhaitons nous combattre, au jour ou dans l’ombre ? Sommes nous tenus de suivre les autres sur leur terrain ou allons nous leur proposer de venir sur le nôtre au péril de nos vies ? Ceux qui légifèrent, ordonnent et policent la vie d’autrui devraient dans le domaine public donner l’exemple d’honnêteté qu’ils sont censés nous enseigner. Il s’agit de tout autre chose dans la sphère privée qui si elle n’est pas soumise à une éthique obligatoire définit ses propres règles et n’impose pas forcément au monde les siennes même si elle l’influence. L’hypocrisie politique dénoncée par Wikileaks nous perturbe parce qu’elle a pour corollaire un écho possible sur le dévoilement de l’intimité et la perte du secret qui fondent l’existence même des individus au travers des structures auxquelles ils sont liés.

Toute perte de « sécurité » publique est donc perçue comme une possible perte de liberté privée. Pour continuer de réfléchir sur l’exercice de la  démocratie, il faut prendre conscience que tout système de pouvoir (même démocratique) recèle en lui une part de tentation totalitaire. Avant de parler de dictature de la transparence, il ne faudrait pas oublier de parler de l’hégémonie de la perversité; on peut avoir peur de l’une pour se justifier et se complaire dans l’autre…

http://girtabaix.wordpress.com/2010/12/15/et-si-la-loppsi-censurait-wikileaks-%C2%BB-article-%C2%BB-owni-digital-journalism/

 

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A ma mère


Hommage à maman

Une musique céleste sans doute moins belle que celle que tu entends désormais mais que je t’offre en dédicace: http://www.musicme.com/Maurizio-Pollini/albums/Chopin:-Etudes-Opp.10-&-25-8888880002624.html#

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Le monde des mots.


Beaucoup d’auteurs ont contribué au développement de la pensée dans l’histoire des idées. Méconnaître ces fondements serait bien audacieux. Ceux qui pensent être dans la « nouveauté » ne font bien souvent que reprendre d’ anciens chemins auxquels ils donnent des tracés dérivés, sur lesquels ils impulsent des variantes et des points de vues qui en modifient la direction sans vraiment en changer le sens. La créativité n’est pas une création ex abrupto, elle apparaît souvent comme un travail sur la matière qui elle même tient ses limites dans sa pâte interne, dans sa structure qui en limite l’extension ou la déformation. Passer au delà est donc un processus alchimique mystérieux qui n’est pas donné à tout le monde, en ce sens on comprend mieux ce qui différencie un grand auteur d’une pensée convenue ou simplement élaborée dignement.

Pour mieux capter la richesse des points de vue et l’approche des mots je vous propose une méditation ouverte sur un thème ou un mot précis, approché par le regards et les citations  de trois auteurs au moins (3  étant le chiffre symbolique qui permet au tabouret de trouver l’équilibre minimal sur une surface plane). A vous de prolonger votre méditation, de réagir, de contredire, d’approfondir ces réflexions pour enrichir votre compréhension du mot ou du thème.

Je commence cette série par le thème de la simplicité et du bonheur.

« Quand vous dîtes aux gens que le bonheur est une question simple, ils vous en veulent toujours. » Bertrand RUSSEL (autobiographie)

« Pouvoir miraculeux et merveilleuse activité: tirer de l’eau et couper du bois » Sagesse chinoise

« Le vrai est trop simple, il faut toujours y arriver par le compliqué » George SAND (correspondance)

« Qu’importe qu’un bonheur soit faux, du moment qu’on croit qu’il est vrai ». André MAUROIS

« Tout bonheur est un chef d’oeuvre: la moindre erreur le fausse, la moindre hésitation l’altère, la moindre lourdeur le dépare, la moindre sottise l’abêtit ». Marguerite YOURCENAR (mémoire d’Hadrien)


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Fantasmes: ce que je crois c’est ce que je vois.


Les buzz sont nombreux sur le net, ces bourdonnements amplifiés par les différents réseaux de la toile finissent souvent par toucher le grand public via différents médias. Dernièrement un buzz a fait la une avant d’être remplacé par un autre qui prendra certainement le relais dans quelques temps. Un cinéaste George Clarke a cru voir un téléphone portable sur un film de Chaplin datant d’une époque 1928 où cet objet technologique ne pouvait se trouver, n’ayant pas encore été inventé…

http://www.rue89.com/2010/10/31/un-telephone-portable-dans-un-film-de-chaplin-ou-alors-173960

Ce que je trouve le plus intéressant dans ce buzz  n’est pas qu’un spécialiste du cinéma s’interroge sur une anomalie qui prête à interprétations multiples mais que son interrogation, fondée sur une apparente vraisemblance, amène les uns et les autres à des interprétations divergentes qui tentent de relier l’inconnu au connu. Ce besoin de se rassurer en même temps que le besoin de rêver et de décoller hors du temps me paraît propre à l’univers fantasmatiques et aux projections du commun des mortels qui est prêt à croire sans voir véritablement. Il y a là une sorte de foi inébranlable en l’ailleurs ou l’autrement, une tentative d’échapper à la condition humaine et à la mort.  L’espoir est rêve.

Aller s’interroger sur les distorsions du temps et le « retour vers le futur » sur la base d’un tel document, voilà qui marque un point de vue singulier, pas moins invraisemblable que d’autres interprétations mais c’est justement cette subjectivité qui nous interpelle. Nous croyons ce que nous voyons mais ce que nous voyons n’est pas forcément ce que nous croyons. Les filtres manteaux, les à priori, nos chevaux de batailles nous rattrapent. Nos émotions déforment la réalité, nos aspirations la transforment. Parfois même nous recréons une réalité qui au départ sans consistance devient solide, tangible. Les projections matérielles de nos rêves  prennent formes puis elles deviennent « la » réalité. Certains ont repris cette projection puissante de l’esprit pour construire une philosophie de vie et infléchir leur destin en créant leur  propre réalité..Peut-être  nos fantasmes sont-ils plus en lien avec la réalité que nous le pensions à une époque parce que les liens entre l’esprit et la matière sont plus étroits qu’il n’y paraît et que la science qui avance découvre chaque jour des ponts entre ces deux modes qui déterminent l’existence humaine dans sa complexité.

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Le vrai problème des français: les paresseux ?


LES PARESSEUX:

Bien sûr la caricature sert ceux qui gouvernant ne trouvent pas de justifications à leurs échecs reconduits, à leur manque de prévoyance, à leur difficulté à dire la vérité, à leur propension à masquer des chiffres qui pourraient infléchir leur électorat à ne pas glisser dans l’urne sage, un bulletin qu’ils appellent, qu’ils caressent dans leurs rêves. La crise mondiale, réelle,  n’a t-elle pas été construite par tous ces hommes qui la montrent du doigt comme un monstre sans visage alors qu’ils ont tous pour une part participé à dessiner son portrait ? En défendant et faisant perdurer des systèmes qui finissent par créer plus de problèmes qu’ils ne peuvent en résoudre, n’ont-ils pas une certaine responsabilité historique devant ceux qui avec persévérance et abnégation continuent de travailler plus  pour gagner moins?

Les français et d’autres européens ont bien compris qu’ils allaient être, une fois de plus, les dindons de la farce, les vaches à lait salvatrices des états qui s’amendent en annonçant une rigueur, parfois sans diplomatie. Alors dans une perspective sombre pour l’avenir de leurs enfants et de leur postérité à long terme, ils ne rechignent pas forcément à allonger leur temps de travail (car la conscience collective et la solidarité ne sont pas absente de l’hexagone) pour le confort des leurs, nécessité fait loi,  mais ils notent avec une certaine lucidité que la justice sociale et l’égalité promise par leur république est bien mise à mal. Générations sacrifiées pour raison d’Etat…les deux poids deux mesures font parti désormais de la vie habituelle des citoyens…cruelle désillusion.

Donc, soyons prudent sur la « paresse française », elle n’est pas aussi évidente que certains voudraient nous le faire croire. En mettant en avant ce sujet on occulte ce qui nourrit et permet son émergence: l’insuffisance globale des rémunérations et leurs disproportions selon les compétences reconnues.

Si chacun avait une paye décente, les cotisations même augmentées trouveraient des payeurs sans difficulté. La complexité d’épargner ou de cotiser en organisme complémentaire tient essentiellement au fait que la gestion des taxes et impôts divers ne laissent pas un volant budgétaire suffisant dans les ménages des classes modestes et moyennes pour suppléer aux pertes de pouvoir d’achat qu’ils égrainent depuis quelques années. On sait pertinemment que la richesse est concentrée entre les mains d’un nombre relativement restreint d’individus qui vivent dans une abondance que l’immense majorité des habitants de toutes nations ne peuvent imaginer. Mais ce n’est pas la disparité des rémunérations qui devrait faire scandale mais leurs disproportions relatives par rapport aux compétences réelles et l’utilité sociale de tous les travailleurs, qu’ils soient ouvrier, cadre, chef d’entreprise, PDG de multinationales…dans le public comme dans le privé.

Pour rendre plus mordante notre réflexion, je vais vous proposer un petit Quiz très court, les chiffres seront fournis par l’INSEE auquel vous serez renvoyés par des liens et des références précises d’enquêtes en cas de doute, pour les autres salaires introuvables à l’INSEE, des recherches croisées sur le net finiront par vous convaincre qu’hélas je décris bien une réalité de notre écartèlement social.

Voici donc une liste réduite de professions suivie de leurs rémunérations (dans le désordre bien sûr) ;  quelques liens dépendant de l’INSEE sont en fin de page pour faciliter votre enquête et pour que vous puissiez  vous-même tirer vos propres conclusions sur la reconnaissance française des compétences du citoyen.

LE JEU: vous essayez de mettre en rapport la profession et sa rémunération (salaire médian 2007/2008 en euros courants pour l’INSEE), vous méditez en même temps sur la justice de cette échelle salariale…Enfin vous pensez aux retraites et à la consommation des ménages si une augmentation ciblée de certains salaires avait lieu. Pour finir vous réfléchissez sur l’affaire KERVIEL, les parachutes dorés, les VIP et sur la vie laborieuse du commun des mortels vivant au-dessus du seuil de pauvreté, du smicard (1343,77 brut/mois) des professions moyennes…Tirez vos conclusions.

Cuisiniers

Armée, police, pompiers

Footballeur de ligue 1 française

Président de la République

Le n°1 du golf mondial

Employés de la banque et des assurances

Médecins salariés et assimilés

Député (hors indemnités et avantages divers)

Ingénieurs de l’informatique et télécommunications

Le joueur de foot français le mieux payé en 2009

Personnels d’études et de recherche

Directeur de recherche au CNRS

Premier ministre

Footballeur de ligue 2 française

Infirmiers, Sages-femmes

Secrétaires

Un apprenti  de 16 ans

Ministre (hors indemnités et avantages divers)

Un apprenti de 20 ans

Un apprenti de  + de 20 ans au delà de la 3 ième année



1 630 €

350 €

40 000 €

2 710 €

6 000  €

13 905,82 €

19 331 € nets

1 830 €

870 €

6 952,91  €

10 000 €

1000 €

3 200 €

5 400 000 €

1 560 000 €

22 249,31 €

1 350 €

1 270 €

2 900 €

1 170 €

1 910 €


http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATSEF04119

http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/REVPMEN10b.PDF

http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/REVPMEN10e.pdf


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FREUD est-il le diable en personne?


Je ne suis pas certain que la lecture systématique de tous les textes d’un auteur sur une période courte soit le meilleur moyen d’apercevoir et de comprendre sous forme synthétique sa pensée. Des problèmes de méthode peuvent se poser: le regard unique du lecteur, les intentions avouées ou plus subtiles et cachées que sous-tend son entreprise, le manque de recule par rapport à une intégration nécessairement différée que nécessite toute pensée complexe, l’insuffisance de recoupements critiques divers,en faveur ou non de cet auteur…

Michel Onfray fidèle à une posture qui lui est chère, revisite Freud en sciant le piédestal sur lequel certains de ses adeptes ou sympathisants, la société elle-même l’ont placé. Démarche polémique et provocatrice comme celle du  » Traité d’Athéologie » que j’ai lu intégralement et annoté en relevant tout de même quelques faiblesses quant aux connaissances historiques et théologiques de l’auteur. Mais finalement, cette posture n’est-elle pas un piment sain qui appelle une mobilisation de la pensée de ses adversaires, n’y a t-il pas des creusements théoriques et historiques, des recherches supplémentaires engendrées par cette attaque en règle d’une figure de la pensée moderne? Le paradoxe serait donc qu’en voulant affaiblir un mouvement de pensée, Onfray ne ferait que solidifier ses fondements puisqu’un travail d’étayage, en amont et en aval se ferait pour répondre à l’attaque de l’édifice et de sa structure. Peut-être faudrait-il alors le remercier pour sa saine contribution de polémiste plutôt que de philosophe. La méthode frontale qu’il adopte est un peu grossière et caricaturale mais elle a le mérite d’empêcher la paresse des intelligentsias, trop sûres de leurs savoirs ou trop installées dans le confort de la pensée, de les remettre un peu au travail et d’éviter un endormissement fatal, une sacralisation sociale, une tradition incontestable.

Michel Onfray apparait sous ce jour, plus comme un essayiste polémiste de talent que comme un philosophe épistémologue. Il ne lui manque plus qu’à admettre que les sciences humaines ne sont pas des sciences exactes et que les psychanalystes n’ont pas tous cette fausse prétention d’être au niveau des sciences expérimentales même si certaines approches ou méthodes pourraient laisser penser qu’ils s’en rapprochent.

Ce qui me paraît intéressant dans l’apport freudien, sans qu’on parle de théorie scientifique vérifiable et vérifiée, c’est justement l’accent mis sur les relations de la sphère familiale et l’éducation ou l’éveil de la sexualité. On touche à des tabous du domaine de l’indicible ou du secret qui conditionnent l’accès à des pouvoirs et des comportements peu explicables autrement. Il est d’ailleurs très étonnant que l’apôtre de l’épicurisme et d’un certain hédonisme ait du mal à reconnaître l’influence de la sexualité dans tout comportement individuel ou social. Certaines civilisations anciennes ont inscrit cela dans leur philosophie pratique de vie, c’est le cas de la Chine avec son Ying et son Yang, le cas de l’Inde avec le Yoga de la Kundalini et de bien d’autres cultures primitives qui intègrent au travers des interdits ou des initiations par les femmes, la notion de l’inceste ou de l’oedipe. Que Freud élabore un système d’interprétation général du comportement psychologique de l’individu d’une manière trop restrictive ou obsessionnelle, on peut l’accepter, il reste que sa contribution permet un rééquilibrage sur des pistes trop souvent négligées ou minimisées par des théoriciens classiques ou des systèmes qui évacuent ce qu’ils considèrent facilement comme inessentiel (religion et sexualité par exemple).

Les réactions à la posture de Michel Onfray montre une  suffisance de certains milieux qui détenteurs de la tradition freudienne n’ont pas su prendre de la distance par rapport à ce qui pouvait les édifier mais il y a des réactions parfois plus dignes et intelligentes  (y compris des collaboratteurs de Onfray à l’UP de Caen ou des Serge Tisseron et d’autres…) qui se sont attachées au fond théorique et pratique de l’affaire. Ces affrontements devraient permettre non pas une guerre de position et de convictions stériles mais bel et bien une plus grande maturité des belligérants prêts à s’amender et reconnaître ainsi leurs limites respectives. Il n’y a pas d’un côté un mercenaire, affreux sale et méchant, usurpateur d’une pensée sinon de La pensée et de l’autre une école inattaquable dont la pensée devrait dominer le monde la mettant au rang de croyance ou de foi inaltérable mais des tentatives de compréhension d’un monde complexe et des visions différentes qui s’affrontent. Laissons libres ceux qui ont du bien dans la thérapie psychanalytique même si nous croyons peu à son efficacité, acceptons également que d’autres cherchent des chemins parallèles ou divergents. Le monde est fait d’altérités, il serait vain d’enfermer les uns et les autres dans un système de pensée unique. Une occasion de grandir pour l’humanité dans cet épisode qui n’est pas le tremblement de terre du 21ème siècle, allons nous la saisir?

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/07/qui-a-peur-de-michel-onfray-par-serge-tisseron_1348245_3232.html

http://hypnose-sophrologie-emdr-paris.20minutes-blogs.fr/archive/2010/03/14/l-affabulation-freudienne-le-crepuscule-d-une-idole.html

Une réplique de « l’ennemie » par excellence de Michel onfray, Elisabeth Roudinesco qui remet une certaine vérité historique en avant tout en pointant les difficultés de la posture du polémiste:

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20100416.BIB5238/roudinesco-deboulonne-onfray-fin.html

Et pour ne pas finir le débat souhaitant qu’il se prolonge pour qu’une certaine objectivité en sorte victorieuse:

http://www.pangolia.com/scepticisme/Roudinesco.Onfray.Haine.pdf

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La dimension qui fait échouer les politiques.


Comment une organisation structurée avec des gens globalement compétents, ayant des moyens importants, relativement libre de ses agissements, portée par une majorité démocratiquement élue peut-elle être régulièrement en difficulté?

Le paradoxe de la politique c’est que son pouvoir supposé n’est pas son pouvoir réel. La distance entre prévision et accomplissement est l’exact passage ou étranglement qui précipite notre vision prospective dans une réalité mouvante qui nous échappe en permanence. Le politique doit être un visionnaire et paradoxalement les sollicitations de son électorat dans un espace-temps contraint l’amène à garder la tête dans le guidon au lieu de lever les yeux vers les justes perspectives d’avenir. Pris par l’urgence de l’immédiateté, le politique sans « vision » est condamné à un rattrapage circonstanciel de tous les instants, il applique avec sérieux et conscience un pansement sur une jambe de bois dont la matière même est changeante.

Pourtant les efforts déployés sont énormes et les institutions fonctionnent, le parlement fait son travail, les députés et sénateurs s’attellent à trouver des solutions. On évoque la mondialisation, les contraintes externes, les directives européennes et bien d’autres prétextes pour se déculpabiliser de résultats sinon bien maigres du moins modestes par rapport à l’énergie développée. C’est comme si nous n’étions pas responsables et acteurs de notre politique, comme si nous n’avions pas choisi nos responsables, comme si l’assumation ne devait pas être collective. L’abstention montante à certaines élections devrait interpeller, lorsque l’adhésion devient minoritaire le pacte social est en rupture, l’inertie et la résistance se développent, la gouvernance ressemble plus à un forcing proche du dictat qu’à un parcours harmonieux non sans difficultés mais enthousiasmant et mobilisateur vers le progrès.

Les politiques enferment bien souvent les citoyens  dans leurs schémas, les partis donnent leurs lignes et stigmatisent ceux qui tentent des inflexions ou des rénovations, les empêcheurs de tourner en rond sont priés d’aller voir ailleurs. Parfois ce n’est pas Mozart qu’on assassine mais son compagnon le plus proche, celui qui a l’outrecuidance de s’affranchir, de tenter une voie nouvelle, de sortir des sentiers battus…l’immobilisme est toujours sécuritaire, les réformateurs sont de dangereux utopistes, des naifs qui ne connaissent pas la réalité (que dire de ceux qui en responsabilité s’ approchent difficilement de celle-ci?). Pourquoi donc cette incapacité à enthousiasmer les foules de braves citoyens qui n’attendent qu’un soulagement de leur vie quotidienne, une respiration plus ample, une bouffée d’oxygène dans leur océan d’ennui et de labeur…

Prenons un troupeau de moutons (n’y voyez pas malice) dans une région montagneuse et escarpée. Supposons que le berger à distance l’ ait bien à l’oeil et que ses fidèles compagnons surveillent de façon vigilante, les mouvement de son troupeau. La question se pose certainement pour lui de savoir jusqu’où son troupeau peut se déplacer sans qu’aucune bête ne soit en danger. Pensez-vous que les chiens empêchent tout mouvement du troupeau? Le déplacement de ce dernier n’est-il pas libre ?

De fait, le côté grégaire permet une sécurité des individus contre les agressions extérieures, une sécurité des plus jeunes…mais le troupeau n’est pas à l’abri d’une orientation hasardeuse vers les escarpements rocheux, les falaises ou avens…Le berger par sa connaissance du terrain, sa vision périphérique et la fidélité et l’obéissance de ses chiens peut s’adapter aux mouvement de son troupeau en lui garantissant un minimum de sécurité. Il ne peut toutefois pas empêcher les accidents ponctuels d’arriver.

Le mot liberté est semble t-il bien lié à celui d’adaptabilité, accompagner sans arrêter, suivre sans laisser tomber ou mettre en danger, respecter et prévenir. L’imprévisibilité que les politiques n’assument pas c’est cette dimension humaine du vivant en perpétuel évolution émotionnelle. Les statistiques si précises, les échantillons normés pour les sondages, les recherches de profils sont figés dans des instants, photographiés dans une histoire déjà dépassée et le vivant avance et s’échappe des carcans dans lesquels on aimerait bien l’observer, le capturer. Toute supputation comportementaliste est donc vaine, il faut être visionnaire et prendre continuellement le poul de ce troupeau en « mouvement perpétuel ». En pensant en terme de résultats à échéance, on ne comprend pas que la ligne directrice ne pourra pas être gardée. Les inflexions  et les paramètres accidentels sont trop nombreux  (la mondialisation, l’Europe ne font que complexifier les choses). C’est une stratégie adaptative et une structure souple qui permettra aux politiques de recoller à la réalité humaine qu’il est sensé conduire mais qui plus souvent qu’il ne le croit le conduit et l’entraîne vers des lieux à grands risques. Certaines personnes commencent à comprendre que sans adhésion globale, le dirigisme politique même légitimé par des votes démocratiques peut amener à des blocages sociaux. La démocratie participative, le vote d’initiative populaire, les référendums pourraient être des outils non négligeables pour une politique de demain qui prendrait réellement en compte l’évolution de la pensée sociale et son opinion. En sentant plus souvent le poul réel du peuple, socle de son élection les politiques recolleraient à une réalité qui leur échappe parce que détenteur d’un pouvoir délégué, ils accepteraient d’écouter à nouveau ceux qui donnant leur confiance souhaitent qu’ils la méritent. Les démissions sont rares en politique, c’est un peu comme les remises en question, il faut beaucoup de courage pour les accepter.

C’est donc l’homme, sa pensée mouvante, ses sentiments et émotions qui font échouer nombre de politiques bien ficelées. Raison de plus pour humaniser cette politique et s’éloigner de modèles froids et rigides qui sont toujours en danger de mener à des systèmes fermés, concentrationnaires, dictatoriaux. C’est la vision de l’homme en perspective qui sauvera pour une part la politique de ses impasses, la nature fera le reste et peut-être échapperons nous à de sombres perspectives…la balle est dans notre camp. La faute n’est pas chez les autres, elle est en chacun de nous, élevons notre conscience.

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Poésies 3


Montalibord, le busard, le bois français

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Poésies 1


Les soldats, souffrance de terre, sur les armes

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A Louis Baqué






Ces quelques lignes sont extraites d’un article du journal Rhône-Alpes du 31 décembre 1980 signé Nicole Lemoine , article remodelé et actualisé pour le Blog mais dont la teneur reste une synthèse de qualité sur le parcours de mon grand-père. De futurs documents viendront enrichir cette esquisse qui restera un hommage d’un petit fils à une figure qui aura marqué son entourage et mon enfance jusqu’à l’année de sa disparition en 1988.

Mon grand-père fut le dernier compositeur et metteur en carte, spécialiste de la dentelle de Lyon qui vit certains de ses modèles encore fabriqués à la Croix-Rousse alors que la création était terminée. Beaucoup de métiers furent démontés et migrèrent parfois vers Calais et sa région.


article

« M.Baqué que nous avons rencontré chez lui au quartier des Sources (Ecully) nous a montré des spécimens de son travail. C’est un homme remarquable et d’une grande simplicité. Né en 1897 dans le vieux Lyon (quartier Saint Jean), il a accumulé toutes les récompenses dans son métier (nombreuses médailles d’or) les distinctions officielles les plus prestigieuses ( officier dans l’ordre national du Mérite, chevalier de la Légion d’honneur, Commandeur des Palmes Académiques), une demi-douzaine de distinctions étrangères, une vingtaine de distinctions privées…nous  nous contenterons de résumer ses principales activités.

Soixante ans de travail artistique et peintre amateur; près de 4 ans de service militaire en temps de guerre; 25 ans au service d’amicale régimentaire (BCA); 15 ans président puis chef de groupe « Scout de France »; 30ans de théâtre populaire comme président directeur et acteur; 18 ans au titre des « Meilleurs Ouvriers de France », il reçut la cravate en 1952 avec une lettre de félicitation du Président Edouard Herriot et resta président de 1959 à 1971, puis président  honoraire à partir de cette date.

Pour en revenir à la dentelle de Lyon, il convient de savoir qu’elle est exécutée en soie, nylon, rayonne ou tergal.

L’industrie lyonnaise remonte au 19 ième siècle; le tulle de soie était alors tissé sur des métiers importés d’Angleterre. L’application de la mécanique jacquard permit de fabriquer du tulle façonné c’est à dire de la dentelle mécanique; les écharpes russes, les mantilles espagnoles par exemple sortaient des métiers lyonnais. Cette fabrication n’a pratiquement pas changé depuis le début du siècle, ce sont toujours les mêmes métiers qui fonctionnent.

Comme tous les métiers d’art, le travail de base est celui du dessinateur. Il se divise en deux phases bien distincte, la composition et la mise en carte.

La composition est la création du modèle (esquisse), généralement d’après les données du client. Cependant le dessinateur doit tenir compte des principes de la composition: opposition des valeurs et des armures , les une faisant valoir les autres; les finesses de dessin sont nécessaires pour mettre en relief la richesse de la composition. La qualité est déterminée par le point et la réduction.

Mise en carte: il est très rare que la même personne exécute les opérations de compositeur et de metteur en carte. Ce dernier est surtout un technicien. Il reproduit la composition sur un papier spécial quadrillé représentant la chaîne et la trame du métier suivant la qualité demandée. L’opération finale est celle de la broderie, le dessin est serti d’un fil ou cordonnet afin d’en souligner la richesse.

Au début la broderie était faite à la main. Les machines à broder Cornély et principalement Michalet simplifièrent le travail mais la brodeuse donne toujours le cachet final. La plus grande partie de la production s’exportait. Elle a été très appréciée dans la haute couture, l’ameublement. Un nouveau tissage dit « bobino » a permis de mettre sur le marché des pièces sans broderie à moitié prix mais sans valeur artistique. Le beau et difficile métier de dentellier se perd. » Nicole Lemoine


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C.G. Jung


awal

La psychologie des individus correspond à la psychologie des nations. Ce que font les nations, chaque individu le fait aussi et, tant que l’individu fait une chose, la nation le fait de même. Seules des modifications dans l’attitude profonde des individus peuvent être à l’origine de changement dans la psychologie des nations. Les grands problèmes de l’humanité ne furent jamais résolus par des lois promulguées ; ils ne le furent, au contraire, qu’à la suite du renouvellement dans l’être individuel des positions intérieures. Si jamais il fut un temps où la réflexion authentique sur soi-même et où la maîtrise de soi qui en résulte constituent une absolue nécessité et leur recherche une démarche majeure, c’est bien notre époque catastrophique. Mais quiconque fait un retour sur soi-même se heurte aux barrières de l’inconscient qui, précisément, recèle tout ce qu’il importerait avant tout de connaître. – 1916 – C.G. Jung. –

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Lenglet, Mélenchon et Morales


Un épisode bien décrit de la soirée et de la dernière de DPEDA

Simplement de gauche

Juste un petit mot sur la dernière émission (ouf, Pujadas va peut-être enfin s’adonner à temps plein à la pêche à la mouche ou au perfectionnement des graphiques sous Excel) de « Des Paroles et Des Actes » (DPDA) d’hier soir que j’ai regardée dans son intégralité.  M. Mélenchon en était l’invité (ceci explique peut-être cela😉 ) et, compte tenu de ce qui suit, s’en est très bien sorti, me semble-t-il.

Car l’émission a parfaitement collé à ce à quoi je m’attendais.  On aurait dit que j’en avais écrit le script au préalable.  Coups fourrés, coupures incessantes, harcèlements perpétuels, propagande éhontée sous couvert de questionnement « journalistique », débats sans queue ni tête (surtout celui avec Emmanuel Cosse qui, clairement, n’était pas venue pour débattre mais pour tenter de justifier – aux yeux de qui on se le demande bien ? – sa dernière pitoyable traitrise) avec des opposants en bois et bien…

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Une politique culturelle sous la dictature de l’Etat


Il est des expressions qui raniment en nous des peurs par rapport à de vieux démons qu’on croyait enterrés. L’exemple ci-dessous montre que l’instruction n’est pas l’intelligence et que l’obsession du dirigisme, pavé de bonnes intentions peut conduire à l’enfer.

Quelques remarques donc sur ce programme en dix points auquel je donnerai un zéro pointé si j’avais encore charge de classe en 2017. Ce programme est le fruit de la réflexion de Henri de Lesquen pour la future présidentielle.

On croit rêver, mais hélas, nous sommes dans la dure réalité.

Voici les 10 axes d’une nouvelle politique culturelle. Plus une conclusion.

1. La nouvelle politique culturelle sera nationale, populaire, identitaire, et s’appuiera sur les canons de la culture occidentale.

Nationale semble évident mais le monde culturel contemporain est depuis longtemps dans un collaboratif multi-ethniques avec des échanges et des productions de hautes qualités grâce à une mutualisation de moyens. Les peuples apprécient ces échanges et le fait d’appartenir à une nation ne signifie pas que la signature artistique se réduit à un hexagone…Plus ennuyeux les canons de la culture occidentale sont sujets à débats et je ne sache pas qu’une définition stricte fasse autorité.

2. L’Etat combattra le cosmopolitisme culturel et l’art dégénéré qui en est le produit.

Là aussi on attend la définition de dégénéré, elle est étrangement absente. Combattre le cosmopolitisme culturel à l’intérieur de son propre pays revient à censurer un certain nombre de productions ou de personnes, avec quels critères, quels moyens, quelles sanctions. La création étant demandeuse d’espace et de liberté, la contraindre et la diriger ne serait-ce pas combattre son expansion naturelle et imprévisible que l’histoire nous a déroulé au fil des siècles.

L’art dégénéré a remplacé le beau par le laid. Le non-art dégénéré a remplacé le beau par le laid.

La subjectivité académique est ici préférée à l’expression libre des sujets/citoyens. L’art contemporain et conceptuel, les installations sont assimilées à un discours alors même qu’ils fondent leur essence sur une production large de matières, mouvements, sons et visuels.

3. Les collectivités publiques seront tenues de suivre les orientations culturelles fixées par l’Etat, qui exercera une tutelle vigilante.

Belle décentralisation qui conduira à des initiatives et politiques innovantes!

4. Préférence nationale. Le marché des produits culturels sera protégé de la concurrence étrangère, ce qui favorisera la création.

C’est précisément l’inverse, la protection empêche les idées de circuler, un monde circonscrit s’appauvrit rapidement et finit par une auto-suffisance qui devient suffisance et mort sans regard critique extérieur.

5. L’art officiel, soutenu par l’Etat, aura pour principe d’exprimer l’âme du peuple dans la beauté des œuvres.

CF certaines dictatures passées et actuelles dans le monde avec culte de la personnalité et mise en exergue de l’apologie guerrière et de valeurs ou de symboles propres aux rejets et à la haine d’autrui.

6. Pour la musique et la danse, l’Etat favorisera la renaissance d’une culture populaire enracinée.

On suppose que seuls la musique sacrée ou classique ( triée sur le volet) et les folklores  acceptables vont nous amuser. Vous prendrez bien un peu de Wagner…

7. La musique nègre sera bannie des media publics et progressivement éliminée des media soutenus ou autorisés par l’Etat.

Précisez nègre svp, mais l’indienne, la chinoise, et les autres conviendraient-elles à votre Auguste personne? Éliminer Deezer, Music me, YouTube, Dailymotion et tant d’autres, j’en connais plein qui vont être content. Ça pour le coup : une révolution, vous voulez l’avoir, vous l’aurez.

Ceux-ci désignent uniquement les radios et télévisions.

Vous voyez bien que non

On pourra écouter sur disque ou par Internet ce qu’on voudra. Mais l’espace public sera assaini.

Quel laxisme, vous me décevez. J’aime bien l’enchaînement  » ce qu’on voudra. Mais ».

8. Épuration. L’Etat se débarrassera des œuvres ou objets de l’art ou non-art dégénéré en les vendant ou les détruisant.

Ah enfin un petit autodafé, ça manquait en France.

L’obscénité, l’outrage aux bonnes mœurs, qui sont la marque de l’anticulture cosmopolite et de l’art dégénéré, seront réprimés.

Peine de mort, prison à vie ou torture, bannissement…merci de préciser pour les artistes désireux de rester fidèles à la patrie.

 

10. La langue anglaise sera boutée hors de France de par la loi !

L’anglais sera chassé de l’espace public.

Ah! Enfin j’attendais cette vengeance sur les rosbeefs depuis longtemps.

Conclusion : la nouvelle politique culturelle sera l’amorce d’une renaissance culturelle de la France, qui a vocation à la grandeur.

De la connerie, j’ignorais.

National-libéralisme. La liberté de création et la liberté d’expression seront totales. Mais l’Etat n’aidera plus l’art dégénéré.

On l’a bien compris, c’est clair comme de l’eau de roche.

 

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La géopolitique du moyen orient expliquée à Hollande, Fabius et autres imposteurs qui nous gouvernent


Pour éviter notre déroute. A lire attentivement…

Blog de Zevengeur

Hollande-Guignols

Les attentats récents à Paris ne peuvent être découplés de la politique étrangère aberrante du gouvernement Hollande au moyen orient ainsi que de celle de son prédécesseur. En effet, cette dernière sert en réalité les intérêts de Washington au détriment de ceux de notre pays.
L’objectif de cet article est de présenter une analyse de la situation puis de proposer une politique alternative correspondant aux véritables intérêts de la France.

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Fukushima a maintenant contaminé 1/3 de la surface des océans dans le monde


Résistance Inventerre

Wikileaks Actu Francophone 
NeonNettle.com, Sophia Akram, 9 juillet 2015
fukushima_oceanUn besoin urgent d’évaluer l’impact sur la nourriture & l’eau
L’océan Pacifique – en fait, presque un tiers du globe – aurait été contaminé par la fuite lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui cherche à promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, a établi en 2011 avec les États membres de l’Accord régional de coopération (RCA), un projet conjoint de coopération technique de l’AIEA (TC) dans la région de l’océan Pacifique. Il a été créé après la catastrophe de Fukushima, quand un séisme majeur a provoqué un tsunami, le 11 Mars 2011, désactivé l’alimentation et le refroidissement de trois réacteurs de Fukushima Daiichi, en provoquant un accident nucléaire. Il en résulte une grande quantité de matières radioactives qui se sont retrouvées dans l’océan Pacifique.
Lire la suite: http://www.neonnettle.com/features/448-officials-fukushima-has-now-contaminated-1-3-of-the-worlds-oceans
Lire aussi: Une grande…

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De la ligne au cercle, industrialiser l’individualisation


Effectivement en changeant les espaces de travail, on change aussi les relations entre les individus et les espaces collaboratifs sont plus producteurs, de réflexions, de feed back, d’aides multiples, de créativités, de questionnements, d’échanges oraux… C’est ce que tentent certains enseignants en modifiant plusieurs fois dans l’année leur espace classe avec des contrats variés et des pôles de travail…

Depuis quelques temps, la réflexion sur l’aménagement des lieux de formation est devenue un sujet de recherche et de mise en application. Nous voyons émerger des lieux de formation qui tentent de mettre en adéquation les principes de la collaboration, de la coopération avec les solutions mobilières et immobilières. On souhaite faire évoluer les modes d’apprentissage et les modes d’enseignement en pensant les espaces de façon différente.

Si l’on se prête au jeu de la synthèse, on cherche à rompre avec les principes rigides du transmissif pour aller vers des méthodes plus souples ou la collaboration ou l’individualisation sont inscrites comme principe. On tente de prendre en considération les besoins des apprenants qui ne sont plus les mêmes qu’il y a 20 ans. On cherche à éviter les décrochages, les abandons, à surmonter les exclusions dans la masse des formations du supérieur. La réduction de la fracture sociale et le…

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